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Créteil - Quatre policiers condamnés pour violences

le 05 janvier 2009 à 16h46, mis à jour le le 05 janvier 2009 à 17:30

La justice les a condamnés lundi à 8 mois de prison avec sursis pour violences en réunion lors d'une interpellation mouvementée en 2003 à Champigny-sur-Marne.

police policiersDes policiers

Les faits remontent au 17 mai 2003, à Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. Ce jour-là un jeune homme âgé aujourd'hui de 24 ans était interpellé à l'issue d'une course-poursuite avec des policiers, après avoir fui à pied un contrôle alors qu'il circulait sans casque sur une mini-moto non homologuée avec un passager. Il avait été finalement rattrapé au fond d'une impasse. Cinq jours plus tard, il subissait à l'hôpital une ablation de la rate et une ablation partielle du pancréas, en raison d'une rupture de cet organe, conséquence, a-t-il expliqué, de "coups de pied" reçus dans le ventre lors de son interpellation.


 
Lors de l'audience, le 1er décembre, aucune peine n'avait été requise, le procureur estimant que le dossier n'apportait "pas de réponses" à "un certain nombre d'interrogations" soulevées par cette affaire. Lundi, le tribunal correctionnel de Créteil a décidé de condamner les quatre policiers à huit mois de prison avec sursis.  Le tribunal n'a pas assorti cette condamnation d'une inscription au casier judiciaire. Après l'énoncé du jugement, le jeune homme blessé a exprimé sa "satisfaction de voir la vérité enfin sortir", tandis que son avocat, Me Gérard Zbili, s'est félicité que les juges aient "fait la preuve de leur indépendance". "La manière dont on a essayé de couvrir cette bavure est inadmissible", a  ajouté Me Zbili.

"Un coup direct (...) la seule explication"
  
A l'époque, une enquête de l'Inspection générale des services (IGS, police  des polices) avait écarté la responsabilité des policiers. Mais le jeune homme avait ensuite déposé plainte avec constitution de partie civile. Deux expertises médicales ont considéré que "l'hypothèse d'un coup direct comme un coup de pied (...) apparaît comme la seule explication" de la rupture du pancréas, avait rappelé à l'audience la présidente Françoise Boissy. Car, selon les experts, pour atteindre cet organe "ancré profondément", le  traumatisme doit être "direct, violent et très localisé".

Les policiers, parmi lesquels une femme, avaient de leur côté expliqué que le jeune homme avait chuté violemment face contre terre sur "la bordure en pierre d'une bouche d'égoût",  après avoir heurté un policier en tentant une nouvelle fois de leur échapper. Ils entendent faire appel du jugement, a indiqué leur avocate, Me Géraldine Lesieur.

le 05 janvier 2009 à 16:46
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