Siné jugé à Lyon pour "incitation à la haine raciale"

le 27 janvier 2009 à 11h33 , mis à jour le 27 janvier 2009 à 11h43

Le tribunal correctionnel de Lyon examine ce mardi la plainte de la Licra déposée contre le dessinateur pour des propos ironiques sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy.

procès justice tribunal © TF1-LCI

Toute l'affaire est partie d'une chronique, publiée le 2 juillet dans Charlie Hebdo, dans laquelle Siné ironisait sur l'éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy avant son mariage avec la fille du fondateur des magasins Darty. Des propos qui déclenchaient bientôt une plainte de la Licra pour "incitation à la haine raciale" contre le dessinateur. L'affaire est ce mardi devant le tribunal correctionnel de Lyon. La citation de la Licra vise également une autre chronique de Siné, dans l'édition du 11 juin 2008 de Charlie Hebdo, dans laquelle le dessinateur critiquait dans des termes crus les femmes musulmanes voilées.

Pourtant, la chronique à l'origine de ce procès n'avait d'abord pas provoqué de remous, jusqu'à une émission sur RTL le 8 juillet. Un journaliste du Nouvel Observateur, Claude Askolovitch, s'en était alors pris violemment à Siné, dénonçant "un article antisémite dans un journal qui ne l'est pas" et annonçant son prochain départ. Quelques jours plus tard, Philippe Val, rédacteur en chef de Charlie Hebdo et directeur de la publication, licenciait effectivement le dessinateur, l'affaire provoquant une vive polémique entre entre pro-Val et pro-Siné. Philippe Val se justifiait alors en expliquant que les propos de Siné "peuvent être interprétés comme faisant le lien entre la conversion au judaïsme et la réussite sociale". "Ni acceptable ni défendable devant un tribunal", ajoutait-il.

"Ça me dégoûte. Je suis révolté"

Siné a déjà eu l'occasion de se défendre d'être antisémite la semaine dernière, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris ayant examiné la plainte du dessinateur contre Claude Askolovitch pour diffamation. "J'estime que la liberté d'expression n'a pas de limites (...) sauf ceux qui me traitent personnellement d'ordure et d'antisémite", a déclaré Maurice Sinet, connu sous le nom de Siné, lors de son procès parisien. "Je me trouve associé à Le Pen, Faurisson, à des gens que je hais", a-t-il encore déploré, faisant état de menaces à son encontre. Le délibéré dans ce volet "parisien" de l'affaire a été fixé au 3 mars. Pour la plainte de la Licra, l'affaire a été délocalisée à Lyon sur décision judiciaire.

Peu avant le début de l'audience, mardi matin, le dessinateur exprimait sa colère dans la salle des pas perdus, où on pouvait le voir accompagné de l'humoriste Guy Bedos, délégué de la Ligue des droits de l'Homme, et de Gérard Filoche, co-fondateur de SOS Racisme. "Ça me dégoûte. Je suis révolté", lançait Siné devant des journalistes, se disant soucieux "d'essayer de faire comprendre" à ses détracteurs "qu'ils se trompent et se gourent de cible au lieu de chasser les vrais connards, les antisémites. Ce n'est pas mon cas".

D'après agence

le 27 janvier 2009 à 11:33
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