Image d'archives © TF1Johnny Agasucci, 26 ans, n'a pas survécu aux assauts répétés de ses bourreaux. Placé en détention provisoire dans une affaire de trafic de stupéfiants à la maison d'arrêt Charles III de Nancy, le jeune homme attendait son jugement en partageant sa cellule avec deux autres individus. Le 25 août 2004, au petit matin, il est retrouvé mort, le corps couvert de lésions. Ce sont ses deux co-détenus, Sébastien Simonnet et Sébastien Schwartz, 33 et 23 ans aujourd'hui, qui ont alerté les surveillants.
Désignée comme le "larbin" de la cellule, la victime avait été persécutée, rouée de coups, étranglée, torturée, pendant les quinze jours précédant son décès, a-t-on appris après des avocats. Mais aucun surveillant de la maison d'arrêt Charles III ne s'était rendu compte de son calvaire. "Le crime est abject. Le contexte dans lequel il s'est déroulé est scandaleux. Ce jeune homme sans expérience carcérale s'est fait martyriser dans sa cellule pendant deux semaines sans que personne ne dise rien", s'est indigné l'avocat des frères de la victime, Me Xavier Iochum. Sous l'emprise de ses tortionnaires, Johnny Agasucci a caché ses souffrances à tous ses interlocuteurs.
Un codétenu "psychopathe dangereux"
Quant aux deux accusés, ils se renvoient la responsabilité du crime, mais plusieurs témoignages présentent l'âiné, Sébastien Simonnet, comme l'auteur le plus plausible des tortures et du meurtre. Au moment des faits, il se trouvait en détention provisoire dans l'attente d'une comparution en appel pour actes de torture et de barbarie commis sur un autre détenu, qui l'a vu condamné en 2006 à 12 ans de réclusion.
"Simonnet est un psychopathe dangereux. Mon client n'est que le témoin de cette affaire. Physiquement, c'est une crevette d'1m55 pour 50 kilos. Il n'a rien pu faire. S'il avait bougé ce soir-là, ce n'est pas un cadavre qu'on aurait retrouvé, mais deux", a affirmé l'avocat Me Berna, l'avocat du deuxième prévenu. "Mais le plus surréaliste est que l'administration pénitentiaire ait pu mettre dans une même cellule Simonnet avec ces deux détenus. Il y a deux coupables dans cette affaire : Simonnet et la pénitentiaire", a-t-il estimé. Le verdict est attendu le 16 janvier.
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