Les forces de l'ordre déployées devant la prison de Varces-Grenoble après le meurtre d'un détenu (28 septembre 2008) © TF1/LCILe déroulement du procès dépend en grande partie de la présence à la barre du principal témoin, un gérant de snack qui s'est réfugié à l'étranger pour échapper aux menaces. Soupçonnés d'avoir éliminé un rival en 2003 à Grenoble, trois membres d'un réseau de trafiquants de drogue sont jugés en appel à partir de lundi à Valence devant la cour d'assises de la Drôme.
Dans un premier temps, cinq hommes étaient poursuivis pour violences volontaires, complicité et non dénonciation de crime, ayant entraîné la mort de Lasaad Lamiri, 27 ans, trafiquant notoire tué par balles par un tireur à moto. Parmi les cinq prévenus, le commanditaire présumé du meurtre, Miloud Hairane, 35 ans, et l'un des tireurs présumés, Mehdi M'Sallaoui, 24 ans, ont été abattus dans la banlieue de Grenoble en décembre et février 2007, soit quelques mois après le procès en première instance au cours duquel les cinq prévenus avaient été acquittés, en janvier 2007.
Dans la ligne de mire des truands
Depuis ce premier procès, une dizaine de personnes ont été tuées et autant blessées dans la guerre des gangs spectaculaire. Elle oppose deux clans qui se disputent pour le contrôle du trafic de stupéfiants sur Grenoble et sa région. Dernière victime en date : un frère de Lasaad Lamiri, Sghaïr Lamiri, 29 ans, qui purgeait une peine de prison pour des braquages. Il a été abattu en septembre 2008 alors qu'il se trouvait dans le cour de sa prison, par sniper.
L'accusation repose essentiellement sur le témoignage "constant et circonstancié", selon les juges, du gérant du snack où l'expédition punitive aurait été organisée par les prévenus. L'homme, qui a accepté de témoigner à visage découvert en échange de sa naturalisation, réclame des garanties sur sa protection et une avance financière pour son séjour à Valence. Il "est menacé de mort, il a vécu dans la terreur totale pendant cinq ans, et s'est réfugié à l'étranger", selon son avocat Me Dominique Chambon. "Nous avons été reçus deux fois à la Chancellerie pour demander la création d'un statut pour les témoins protégés, comme aux Etats-Unis", a-t-il ajouté. "Mais nous n'avons obtenu qu'une petite aide, une aumône", a déclaré à l'AFP Me Chambon qui conseille à son client, s'il se présente au procès, de témoigner par visioconférence pour éviter de se retrouver dans la ligne de mire des truands.
(D'après agence)
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