Accusé d'antisémitisme : Siné relaxé

le 24 février 2009 à 15h19 , mis à jour le 24 février 2009 à 15h41

Le dessinateur était poursuivi pour "incitation à la haine raciale" après avoir ironisé dans Charlie Hebdo sur une conversion au judaïsme de Jean Sarkozy.

[Expiré] [Expiré] siné charlie hebdo © AFP

Le dessinateur Siné, poursuivi pour "incitation à la haine raciale" après avoir ironisé dans Charlie Hebdo sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Lyon.
 
"Le tribunal considère que (Siné) s'est autorisé à railler sur le mode satirique l'opportunisme et l'arrivisme d'un homme jeune, engagé sur la scène politique et médiatique", a déclaré le président du tribunal, Fernand Schir, au rendu du délibéré. "Il ne creuse pas le préjugé de l'antisémitisme", a-t-il ajouté. Ancienne figure du journal satirique Charlie Hebdo, Maurice Sinet, alias Siné, 80 ans, présent au jugement, s'est dit "soulagé", répétant qu'il ne s'était jamais senti coupable. La chronique controversée sur Jean Sarkozy avait été publiée le 2 juillet 2008 dans Charlie Hebdo. Elle faisait notamment allusion au fait que Jean Sarkozy ferait "du chemin dans la vie" en se convertissant au judaïsme, ce afin d'épouser sa fiancée, héritière des magasins Darty.

"Arrivisme"
 
Attaqué par la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), le dessinateur s'était défendu dès le début du procès, le 27 janvier, d'être antisémite en expliquant qu'il critiquait "l'arrivisme" du fils du président de la République. La citation de la Licra visait également une autre de ses chroniques, publiée le 11 juin, critiquant crûment des pratiquants chrétiens et juifs mais aussi les femmes musulmanes voilées.
 
"La lecture de ces chroniques, on ne peut pas la faire en faisant abstraction de l'hebdomadaire dans lequel elles ont été publiées. Charlie Hebdo est un journal satirique, on est sur le terrain de la provocation", avait déclaré le 28 janvier le procureur Bernard Reynaud dans son réquisitoire, à l'issue duquel il avait demandé la relaxe. "On n'est plus dans la provocation mais dans la transgression de la loi", avait plaidé pour sa part l'avocat de la Licra, Me Alain Jakubowicz.

(D'après agence)

le 24 février 2009 à 15:19
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