L'ouverture du procès AZF à Toulouse, le 23 février 2009 © TF1-LCILe procès du directeur de l'usine et de son propriétaire, la société Grande Paroisse (groupe Total) pour l'explosion du site AZF s'est ouvert ce lundi devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Voici les points clés pour comprendre.
AZF: la piste terroriste a-t-elle été écartée trop vite ?
L'ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière reproche aux policiers et magistrats d'avoir négligé la piste terroriste dans l'enquête sur l'explosion de l'usine AZF de Toulouse en septembre 2001. Total assigne l'Etat mercredi sur ce point.
Publié le 07/02/2011
AZF : le parquet fait appel
Il conteste la relaxe générale prononcée jeudi par le tribunal correctionnel de Toulouse dans l'explosion de l'usine AZF qui avait fait 31 morts en 2001l'enquête.
Publié le 20/11/2009
AZF : relaxe générale au bénéfice du doute
Dans son jugement, le tribunal correctionnel de Toulouse a estimé impossible de conclure avec certitude que l'accident, qui a fait 31 morts en 2001, était dû au problème de stockage relevé par l'enquête.
Publié le 19/11/2009
AZF : l'heure du jugement
La justice se prononce jeudi sur la cause de l'explosion de l'usine AZF, qui avait fait 31 morts en 2001, et sur les poursuites visant les sociétés et dirigeants du groupe Total, responsables de l'usine.
Publié le 19/11/2009
L'ONDE DE CHOC
Vendredi 21 septembre 2001 : il est 10h17 lorsqu'une violente explosion retentit, provoquant une secousse équivalente à un séisme de 3,4 degrés sur l'échelle de Richter. La déflagration du hangar 221 de l'usine chimique AZote Fertilisant (AZF) Grande Paroisse (filiale de Total), construite dans les années 1920 à la sortie de la ville, creuse un cratère de 10 mètres de profondeur et 50 mètres de diamètre. Le bilan est terrible : 31 personnes, dont 21 employés du site, et des milliers de blessés. Quelque 30.000 logements et des centaines d'entreprises ont été touchés dans un rayon de six kilomètres autour de l'usine. Sur le moment, tout le monde pense à un attentat. Les cendres des tours du World Trade Center, tombées dix jours plus tôt, sont encore fumantes.
L'ENQUETE
L'information judiciaire pour « homicides et blessures involontaires » ouverte le 28 septembre 2001 conduit les enquêteurs à explorer plusieurs pistes, dont celle du terrorisme. Un rapport des RG signale qu'une des victimes travaillant sur le site, d'origine tunisienne, entretenait des liens avec les membres d'un groupe islamique fondamentaliste. On découvrira sur son corps plusieurs épaisseurs de sous-vêtements, évoquant le rituel de certains kamikazes. La rumeur enfle, puis se dégonfle. Autres pistes évoquées et abandonnées : une dispute entre chauffeurs routiers et ouvriers, la présence suspecte de deux aéronefs, la création d'un arc électrique entre l'usine AZF et un bâtiment industriel voisin ou encore la présence sous l'usine d'explosifs datant de la guerre 1914-1918.
A l'issue de l'instruction du juge Thierry Perriquet qui se termine en septembre 2006, le rapport final des experts conclut finalement que les causes de la catastrophe sont accidentelles. L'accident chimique aurait été provoqué par un mélange de nitrate d'ammonium avec un dérivé chloré, ce que réfute Total.
INDEMNITES COLOSSALES
Au terme de transactions et de procédures d'indemnisation, 20 800 personnes victimes de dommages corporels et matériels ont reçu près de deux milliards d'euros versés par la SA Grande Paroisse et Total, sans pour autant renoncer à l'action publique.
QUI EST RESPONSABLE ?
Deux prévenus seront sur le banc des accusés : Serge Biechlin, directeur de l'usine AZF au moment des faits et la société Grande Paroisse, en qualité de personne morale. Ils devront répondre des chefs « d'homicides involontaires, blessures involontaires, destructions et dégradationsinvolontaires par l'effet d'une explosion ou d'un incendie, et infractions au code du travail ».
Les associations de victimes et leurs avocats réclament aussi depuis sept ans la mise en examen et la condamnation de Total en tant que responsable de l'explosion. L'association des Sinistrés du 21 septembre a cité à comparaître la société et son président d'alors, Thierry Desmarest, estimant qu'en l'absence du groupe pétrolier « le procès perd tout son sens ». Le tribunal de grande instance de Toulouse a repoussé au 23 février, date de l'ouverture du procès, la décision de recevabilité de cette citation.
UN PROCES HORS NORME
Fait rarissime, le procès va durer quatre mois. Le délibéré devrait être rendu en novembre. Le dossier de l'instruction représente 109 tomes, soit environ 7.500 cotes réparties sur 53.820 pages, selon Richard Bometon, procureur de la République ajoint de Toulouse. Plus de 1.700 éléments ont été placés sous scellés. 2.949 plaignants et 1.103 témoins ont été entendus par la police.
Quelque 1.400 parties civiles, une soixantaine d'avocats, des dizaines d'experts sont attendus pour ce procès en correctionnelle, qui sera "le plus important organisé en France", selon une source judiciaire. La salle de spectacle Jean Mermoz, d'une capacité d'accueil de 1.600 places, a été louée spécialement. Les frais de justice liés à l'enquête et à l'instruction s'élèvent à plus de 3,7 millions d'euros. L'organisation du procès est estimée à 3,8 millions d'euros.
A la demande des associations de victimes, les audiences seront filmées, ce qui est une première en correctionnelle pour un procès non historique. Les Toulousains attendent beaucoup de ce jugement qui rouvre le débat sur les risques industriels et les exigences de sécurité. Les premiers bâtiments du futur Canceropôle, édifié sur le site dépollué de l'ancienne usine AZF, seront livrés au printemps 2009.
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