Explosion AZF : le procès a débuté

Par D.H. (avec agence), le 23 février 2009 à 17h40 , mis à jour le 23 février 2009 à 23h23

Dossier : Explosion AZF : 10 ans

Le tribunal a fixé à mercredi le débat sur la citation directe du groupe Total, dont certaines parties civiles réclament la comparution.

AZF Toulouse procèsL'ouverture du procès AZF à Toulouse, le 23 février 2009 © TF1-LCI

 

  • AZF: la piste terroriste a-t-elle été écartée trop vite ?

    L'ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière reproche aux policiers et magistrats d'avoir négligé la piste terroriste dans l'enquête sur l'explosion de l'usine AZF de Toulouse en septembre 2001. Total assigne l'Etat mercredi sur ce point.

    Publié le 07/02/2011 AZF: la piste terroriste a-t-elle été écartée trop vite ?
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Les points clés pour comprendre

 

C'est parti pour 4 mois de débats. Le très attendu procès du directeur de l'usine et de son propriétaire, la société Grande Paroisse (groupe Total) pour l'explosion du site AZF s'est ouvert ce lundi devant le tribunal correctionnel de Toulouse.  Avec les premières images, une première en France pour un tribunal correctionnel : le procès sera filmé et enregistré tout au long de ces 4 mois. Première étape : le recensement officiel des victimes. Le tribunal a compté 31 personnes décédées des suites de l'explosion le 21 septembre 2001. La préfecture avait initialement recensé 30 morts et 2.500 blessés, victimes de l'explosion à Toulouse qui avait soufflé ou endommagé près de 30.000 logements à des kilomètres à la ronde. L'ordonnance de renvoi ne comportait que 29 noms. Le tribunal a accepté "d'ordonner la jonction de deux cas supplémentaires", à la demande des familles de deux victimes, que Total avait d'ailleurs accepté d'indemniser.

Mercredi sera une journée très attendue. Le tribunal a en effet fixé à mercredi le débat sur la citation directe du groupe Total par quelques parties civiles, qui réclament la comparution du groupe pétrolier aux côtés des deux autres prévenus, Serge Biechlin, directeur d'AZF à l'époque des faits et seule personne physique poursuivie, et Grande Paroisse, en qualité de personne morale.

Peut-être Jospin, mais pas M. Chirac

Le tribunal correctionnel de Toulouse, qui a consacré lundi la majeure partie de la 1re audience à préparer le calendrier d'audition de dizaines d'experts et de plus de 200 témoins cités par les parties au procès. Le Premier ministre de l'époque, Lionel Jospin, pourrait être entendu le 19 mars, tandis que l'ancien président de la République Jacques Chirac a refusé de déposer. Une partie civile mettant en cause la thèse de l'accident, a notamment cité les deux hommes. "Nous voulons leur demander grâce à quelles informations ils ont pu déclarer à Toulouse dès le 21 septembre que l'explosion était d'origine accidentelle", a déclaré l'avocat de la veuve d'un ingénieur d'AZF disparu dans l'explosion.

A l'appel d'associations de victimes, quelques centaines de personnes ont défilé en fin de matinée pour manifester leur volonté de "connaître la vérité" jusqu'à la salle d'audience, une salle municipale spécialement aménagée et pouvant accueillir un millier de personnes.

Cinq magistrats et une soixantaine d'avocats

D'une dimension exceptionnelle, le procès s'est ouvert avec plus d'une heure de retard, le temps de recenser les parties civiles présentes parmi les plus de 1.800 déclarées. Cinq magistrats, au lieu de trois habituellement, composent le tribunal et deux magistrats, au lieu d'un seul, représentent le ministère public. Des dizaines d'experts sont attendus à la barre. Une soixantaine d'avocats représentent les parties civiles et les prévenus. Ceux-ci doivent répondre des chefs d'homicides involontaires, blessures involontaires, destructions et dégradations involontaires par l'effet d'une explosion ou d'un incendie, et infractions au code du travail.

A l'issue d'une instruction close en 2006, les experts judiciaires ont retenu la piste d'un accident chimique, rejetant les hypothèses d'un attentat, évoqué après les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, ou d'une explosion due au gaz ou à un arc électrique. Selon les experts, l'explosion serait due au mélange malencontreux de quelques kilos d'une substance chlorée, le DCCNa (dichloroisocyanurate de sodium), avec 500 kilos de nitrate d'ammonium, déversés ensuite dans un hangar contenant un stock de 300 tonnes de nitrate d'ammonium, un quart d'heure avant l'explosion. Total, qui a déjà versé 2 milliards d'euros d'indemnisations, conteste les conclusions de l'instruction, estimant que toutes les pistes, dont l'hypothèse terroriste, n'ont pas été suffisamment exploitées.

Par D.H. (avec agence) le 23 février 2009 à 17:40
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