Image de l'attentat de Djerba en 2002, dans lequel 21 personnes étaient mortes, dont deux Français © TF1/LCIL'Allemand converti à l'islam Christian Ganczarski a été condamné jeudi par la cour d'assises spéciale de Paris à 18 ans de réclusion pour complicité dans l'attentat contre la synagogue de Djerba, qui avait fait en avril 2002 21 morts. Aux termes de sept heures de délibérations la cour, composée de sept magistrats professionnels, a également condamné Walid Nawar, frère du jeune kamikaze tunisien Nizar Nawar qui s'est fait sauter au volant de son camion piégé, à douze ans de réclusion.
Christian Ganczarski, qui est resté impassible à l'énoncé du verdict, a été jugé coupable de "complicité d'assassinat", pour avoir parlé au téléphone à Nizar Nawar quelques heures avant l'attentat, et "d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", pour avoir fréquenté à plusieurs reprises, au Pakistan et en Afghanistan, des chefs d'Al Qaïda dont Oussama ben Laden. L'avocat général avait requis contre lui trente ans de réclusion, dont les deux tiers de sûreté. Quelques minutes avant l'énoncé du verdict, habillé d'un pull irlandais à torsades, Christian Ganczarski lisait et psalmodiait le Coran, les mains ouvertes en signe de prière.
"Justice a été rendue"
Walid Nawar, contre lequel 15 ans de prison, dont deux tiers de sûreté, avaient été requis, a été condamné pour avoir fourni du matériel à son frère, notamment de faux papiers et un téléphone satellitaire acheté en France. Sortant de l'audience la fille d'une des deux victimes française de l'attentat, Catherine Christaens, a déclaré à la presse : "La justice a été rendue en toute dignité. Nous avons, pendant cinq semaines, essayé de comprendre la logique des terroristes. Ce soir nous sommes apaisés. Justice a été rendue".
Les juges de la cour d'assises spéciale n'ont donc pas cru Christian Ganczarski qui avait assuré, avant qu'ils se retirent pour délibérer, "n'avoir jamais rien su de cette attaque, avec laquelle (il) n'était pas d'accord". Pour son avocat, Me Sébastien Bono, il s'agit là d'une décision qui n'est "ni logique ni acceptable (...). Par rapport aux trente ans qui avaient été requis, cette peine de 18 ans indique qu'il y a eu un large débat au sein de la cour". Avant d'ajouter : "Christian Ganczarski a peu de foi dans la justice française, et l'on peut se demander ni nous aurions un procès plus équitable en appel. Nous allons y réfléchir".
Faute de tout autre élément matériel, l'accusation de complicité a reposé entièrement sur le bref coup de téléphone que le kamikaze a passé au domicile de Ganczarski, en Allemagne, quelques heures avant l'attentat. Christian Ganczarski ayant été repéré par les services de renseignements allemands, il était sur écoute et la transcription et l'enregistrement de cette conversation, mi en arabe mi en mauvais anglais, a été au coeur du procès. Pour l'accusation, c'était la preuve qu'il a donné son feu vert et sa bénédiction à une opération dont il a été l'un des instigateurs, avec Khaled Cheikh Mohammed, hiérarque d'Al Qaïda et cerveau présumé des attaques du 11 septembre 2001, détenu à Guantanamo. Pour Me Bono, ces 112 secondes de conversation décousue ne permettait pas d'affirmer qu'il savait ce que Nizar Nawar allait faire.
(D'après agence)
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