Dominique Erignac, veuve du préfet assassiné © Image d'archives/TF1"Oui, je suis persuadé de la culpabilité d'Yvan Colonna et je trouverais normal et courageux que M. Colonna dise pourquoi il a assassiné mon mari. Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas de réponse". Sur Europe 1, la veuve du préfet Erignac, Dominique Erignac, s'est adressée à l'homme qui a été condamné en première instance à la prison à vie pour le meurtre de son mari.
Claude Erignac avait été abattu de trois balles dans la nuque le 6 février 1998, alors qu'il remontait seul, vers 21 heures, un trottoir d'Ajaccio pour rejoindre son épouse à un concert après avoir garé sa voiture. Quinze mois après son premier procès, Yvan Colonna doit être rejugé en appel à partir de lundi par une cour spécialement composée pour les affaires de terrorisme. Et quasiment à la veille de cette nouvelle audience, Dominique Erignac lui demande donc d'avoir "le courage d'avouer et de dire qu'il a tué mon mari".
"Une mort qui n'a servi à rien"
"La mort est absurde en fait, parce qu'elle n'a servi à rien. Et ça, c'est quelque chose qui est difficile à supporter, d'avoir une mort qui ne sert à rien. Même eux (les membres du commando) ont dit qu'elle n'avait servi à rien", a-t-elle poursuivi. "Savoir pour nous, nous apaiserait et on repartirait de ce procès plus apaisé que la dernière fois".
Un tel aveu lui permettrait d'entamer un deuil jusqu'alors impossible. "Depuis onze ans, a-t-elle lancé à l'antenne d'Europe 1, je suis dans l'assassinat de mon mari. Onze ans, c'est beaucoup dans une vie. C'est par épisode : on arrive à reprendre une vie normale, et hop, on est rattrapé par le temps et par toute cette affaire. Et c'est très difficile à vivre".
Jusqu'à présent, Yvan Colonna s'est toujours dit étranger à l'assassinat du préfet Erignac. Lors de son procès, en première instance, il s'était même directement adressé à Dominique Erignac pour plaider sa cause : "ce n'est pas moi qui ai tué votre mari", avait-il lancé. "Je sais que c'est difficile pour vous de m'écouter, car cela fait huit ans et demi qu'on dit que je suis l'assassin. D'après ce que j'ai vu dans la presse, vous croyez toujours que c'est moi. Croyez bien que je compatis à votre douleur et que je respecte votre deuil".
D'après agence
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