La colère des Ch'tis après des propos semblant les stigmatiser

le 09 février 2009 à 23h10 , mis à jour le 09 février 2009 à 23h12

Lors de l'audience disciplinaire du juge Burgaud, un magistrat aurait parlé de soirées-bière où on joue et où le gagnant peut choisir une petite fille.

Outreau Burgaud Didier BeauvaisDidier Beauvais, haut magistrat, lors de l'audience disciplinaire du juge Burgaud. © TF1/LCI

Près d'un an après l'affaire de la banderole anti-Ch'tis, des propos considérés comme stigmatisants pour les habitants du Nord/Pas-de-Calais attribués à un haut magistrat à l'occasion de l'audience disciplinaire du juge Burgaud ont suscité lundi l'indignation des élus nordistes.
 
Didier Beauvais, ancien président de la chambre de l'instruction à Douai au moment où Fabrice Burgaud officiait dans l'affaire d'Outreau et aujourd'hui conseiller à la Cour de Cassation, avait évoqué à l'audience d'autres procédures judiciaires liées à des affaires de moeurs.
 
"A aucun moment je n'ai insultés"
 
Cité par la Voix de Nord, le magistrat aurait parlé de "soirées habituelles, à Boulogne ou à Avesnes-sur-Helpe", des "soirées-bière où on invite les voisins, on boit beaucoup, on joue aux cartes ou au jeu de l'oie, et où le gagnant peut choisir une petite fille, avec l'accord des parents". "Là-bas, ce ne sont pas des psychologues qu'il faut envoyer, mais des sociologues ou des ethnologues", aurait-il ajouté.
 
Didier Beauvais s'est élevé lundi "contre la reproduction inexacte" de ses propos, qui, "livrés de manière erronée, ont pu effectivement indigner les habitants du Nord/Pas-de-Calais, dont je fais d'ailleurs moi-même partie, et qu'à aucun moment je n'ai insultés". Il affirme avoir cité "deux affaires, aujourd'hui définitivement jugées". "Je conteste également avoir prétendu que des soirées de ce type étaient 'habituelles'", a-t-il poursuivi. Reprenant une autre partie de ses déclarations, ce magistrat a précisé avoir rappelé que, "si les psychologues étaient indispensables pour appréhender ces comportements individuels, des sociologues ou des ethno-psychiatres pouvaient aussi apporter un éclairage utile sur les attitudes collectives générant les passages à l'acte (..)".
 
Une affaire "prise au sérieux" par la Justice
 
Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité et élue du Valenciennois, a qualifié les propos tels que repris par le journal, de "diffamatoires et stigmatisants". "Près d'un an après la banderole insultante déployée lors du match PSG-Lens", elle s'est déclarée "inquiète par ces dérives qui, une fois encore, font injure à la fierté et à la dignité des femmes et des hommes du Nord/Pas-de-Calais". La secrétaire d'Etat fait allusion à l'émotion suscitée par la banderole "Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch'tis", déployée au Stade de France.
 
Le président du conseil général du Pas-de-Calais a également exprimé son "indignation" comme le maire de Boulogne-sur-Mer. L'ancien Premier ministre nordiste Pierre Mauroy, a jugé les propos "inacceptables", Jack Lang, député PS du Pas-de-Calais, a dénoncé des "paroles indignes et blessantes".  Premiers à réagir, deux députés du Nord, Jean-Luc Pérat (PS) et Françoise Hostalier (UMP) avaient annoncé samedi avoir écrit au président de la République, pour demander des "excuses publiques" et "réparation". Jean-Luc Pérat a proposé que cela fasse "l'objet d'une question au gouvernement" mardi.  Le porte-parole de la garde des Sceaux a indiqué de son côté que cette affaire était "prise au sérieux" et que le ministère avait demandé la transmission des "termes exacts des propos" tenus par Didier Beauvais.
 

(D'après agence)

le 09 février 2009 à 23:10
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