La douleur de Chahrazad au procès de son agresseur

le 10 février 2009 à 19h27 , mis à jour le 10 février 2009 à 23h05

Brûlée vive en 2006, la jeune femme aujourd'hui âgée de 21 ans, a raconté mardi aux assises de Bobigny comment son ex-petit ami l'avait aspergée d'essence.

[Expiré] [Expiré] Shérazade Belayni © AFP/Joël Saget

Elle avait honte, elle était en larmes. Chahrazad Belayni a raconté mardi comment son ex-petit ami l'avait aspergée d'essence en 2005 après plusieurs menaces de mort. Depuis mardi et jusqu'à vendredi, il est jugé devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis
 
La confrontation tant attendue et redoutée par la victime n'a pas eu lieu: après son audition, Chahrazad n'a pas trouvé la force d'écouter le récit de son agresseur: elle est sortie. De son côté, Mushtaq Amer Butt, un Pakistanais de 28 ans naturalisé en 2004, n'a jamais pu lever la tête lorsqu'elle a pris la parole, comme à chaque évocation directe des faits de "tentative d'assassinat" qui lui sont reprochés. Le huis clos sollicité par la victime avait été refusé par la cour. Sur la table des pièces à conviction reposait un bidon vide de 5 litres.
 
"Tout mon corps a pris feu"
 
Ce 13 novembre 2005, M. Butt, qui n'acceptait pas que Chahrazad Belayni ait mis fin à leur relation et refusé de l'épouser, l'avait brûlée vive alors qu'elle gagnait à pied son travail à Neuilly-sur-Marne. Il s'était constitué prisonnier en novembre 2006 au Pakistan. "Il était très en colère (..) a dit qu'il allait me tuer (...) Il a sorti le bidon d'essence et m'a couru derrière. Tout mon corps a pris feu", a relaté en sanglots Chahrazad, 21 ans aujourd'hui, en répétant: "je voulais juste aller travailler".
 
Hospitalisée dans un état critique, le corps brûlé à 60%, elle avait été maintenue des semaines dans un coma artificiel. Greffée plusieurs fois, elle souffre d'importantes séquelles physiques et psychologiques. Fin 2006, elle a tenté de mettre fin à ses jours. "Je suis fatiguée moralement, j'en ai marre. C'est fatiguant, c'est douloureux !", a-t-elle déclaré.
 
"Je voulais pas, c'est quelqu'un que j'aime"
 
Bavard à l'évocation de sa vie et de sa relation amoureuse avec Chahrazad, Mushtaq Amer Butt est devenu à peine audible à l'évocation des faits, puis s'est effondré à son tour. En pleurant, il a expliqué être allé ce dimanche matin à sa rencontre pour "parler": "lui dire à quel point je l'aimais". "Elle m'a dit: vas-y, brûle toi", "je voulais pas, c'est quelqu'un que j'aime", "j'avais sorti (NDLR: le bidon) pour moi, pas pour elle", a-t-il assuré. Un mois auparavant, il avait tenté de se suicider pour "finir à ses pieds". "Pardonne-moi s'il te plaît", a-t-il imploré devant un banc vide après avoir confié: "je ne peux pas faire face à elle, c'est pas possible".
 
Le jeune homme est le fils unique et choyé d'une famille de quatre enfants arrivée en France lorsqu'il avait 14 ans. Il a rencontré Chahrazad en juin 2004 dans la boutique de mode où il travaillait. Elle y faisait son stage de bac pro secrétariat, ils tombent amoureux, parlent de mariage. Mais selon la jeune fille, "son comportement a changé, il est devenu "méchant", "ça n'allait plus". "Il a commencé à me taper dessus et me menacer de mort". Verdict attendu vendredi.
 

(D'après agence)
 

le 10 février 2009 à 19:27
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