Didier Vinolas, ancien collaborateur du préfet Erignac"La cour d'assises ne peut pas se mettre dans le même sillon que celui tracé par une enquête bâclée, menée à charge. On considère objectivement qu'on ne peut pas laisser en suspens la piste Vinolas et aborder les faits sur l'assassinat sans que cette précédente piste ait été purgée", a déclaré mercredi matin Pascal Garbarini, l'un des avocats d'Yvan Colonna, parlant d'un éventuel "départ de protestation". Selon les avocats, de nouvelles investigations hors du cadre de la cour d'assises sont nécessaires pour vérifier les "contradictions" apparues entre Didier Vinolas et les témoins appelés à la barre depuis lundi. Elles pourraient, selon eux, provoquer un "ajournement" du procès pendant quelques jours.
Cet après-midi, un débat s'est ouvert sur cette demande d'ajournement. Christophe Teissier, un des avocats généraux au procès ne s'est pas opposé à ce que de nouvelles investigations soient ordonnées par la cour d'assises à condition qu'elles se bornent aux seuls "éléments nouveaux" révélés par Didier Vinolas. Il a suggéré qu'une suspension du procès pendant "deux à trois jours" puisse suffire afin de faire procéder à de nouvelles auditions visant à identifier "X et les deux suspects" qui n'auraient jamais été inquiétés dans l'affaire Erignac, d'après Didier Vinolas.
Mardi soir, le président de la cour d'assises avait refusé de se prononcer sur une demande de supplément d'information une première fois repoussée la veille. Il avait promis une réponse "dans des délais raisonnables". Celle-ci ne devrait plus tarder.
Vendredi, Didier Vinolas, ancien proche collaborateur du préfet de Corse tué en 1998, a affirmé à la barre que deux membres présumés du commando nationaliste à l'origine de l'assassinat n'auraient jamais été inquiétés, alors que, selon lui, leurs noms avaient été transmis depuis 2002 à différentes autorités. Des affirmations mises en doute depuis lundi par un procureur et plusieurs hauts fonctionnaires.
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