Les avocats du berger menacent de quitter le procès

le 18 février 2009 à 11h59 , mis à jour le 18 février 2009 à 17h28

Ils souhaitent que les juges leur accordent les nouvelles investigations réclamées après la déposition choc de l'ancien collaborateur du préfet Erignac, Didier Vinolas.

Didier Vinolas, ancien collaborateur du préfet ErignacDidier Vinolas, ancien collaborateur du préfet Erignac

"La cour d'assises ne peut pas se mettre dans le même sillon que celui tracé par une enquête bâclée, menée à charge. On considère objectivement qu'on ne peut pas laisser en suspens la piste Vinolas et aborder les faits sur l'assassinat sans que cette précédente piste ait été purgée", a déclaré mercredi matin Pascal Garbarini, l'un des avocats d'Yvan Colonna, parlant d'un éventuel "départ de protestation". Selon les avocats, de nouvelles investigations hors du cadre de la cour d'assises sont nécessaires pour vérifier les "contradictions" apparues entre Didier Vinolas et les témoins appelés à la barre depuis lundi. Elles pourraient, selon eux, provoquer un "ajournement" du procès pendant quelques jours. 

Cet après-midi, un débat s'est ouvert sur cette demande d'ajournement. Christophe Teissier, un des avocats généraux au procès ne s'est pas opposé à ce que de nouvelles investigations soient ordonnées par la cour d'assises à condition qu'elles se bornent  aux seuls "éléments nouveaux" révélés par Didier Vinolas. Il a suggéré qu'une suspension du procès pendant "deux à trois jours" puisse suffire afin de faire procéder à de nouvelles auditions visant à identifier "X  et les deux suspects" qui n'auraient jamais été inquiétés dans l'affaire  Erignac, d'après Didier Vinolas.
 
Mardi soir, le président de la cour d'assises avait refusé de se prononcer sur une demande de supplément d'information une première fois repoussée la veille. Il avait promis une réponse "dans des délais raisonnables". Celle-ci ne devrait plus tarder. 
 
Vendredi, Didier Vinolas, ancien proche collaborateur du préfet de Corse tué en 1998, a affirmé à la barre que deux membres présumés du commando nationaliste à l'origine de l'assassinat n'auraient jamais été inquiétés, alors que, selon  lui, leurs noms avaient été transmis depuis 2002 à différentes autorités. Des affirmations mises en doute depuis lundi par un procureur et plusieurs hauts fonctionnaires.

le 18 février 2009 à 11:59
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