Les deux hommes cités avaient bien été entendus

Par D.H. (avec agence), le 24 février 2009 à 17h20 , mis à jour le 24 février 2009 à 19h34

Le parquet a demandé mardi la poursuite du procès Colonna jusqu'a son terme, le supplément d'enquête consécutif aux déclarations choc de Didier Vinolas n'ayant rien révélé de nouveau.

Les avocats d'Yvan Colonna, lors de son procès en appel devant la cour d'assises de ParisLes avocats d'Yvan Colonna, lors de son procès en appel devant la cour d'assises de Paris © LCI

La défense a encore résisté mardi, mais la cour d'assises spéciale de Paris, qui rejuge Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998, a rejeté mardi sa demande de procéder à un 2e supplément d'information sur les déclarations du témoin Didier Vinolas. Le procès Colonna a ainsi été suspendu à deux reprises mardi à la demande de la défense et toujours au sujet des deux hommes qui pourraient avoir été mêlés au meurtre du préfet Erignac. En fait, ces deux personnes -dont Didier Vinolas a révélé le nom de manière phonétique devant les deux juges d'instruction chargés d'un "supplément d'information"- avaient bien été entendues en 1999.

Elles avaient alors "dû fournir aux enquêteurs des explications sur les faits", a expliqué mardi l'un des avocats généraux au procès. Il y a eu les concernant "des vérifications d'alibi, des auditions assez longues", a renchéri son collègue du ministère public, en implorant la cour d'assises spéciale de "faire cesser la guéguerre" menée par la défense d'Yvan Colonna depuis la déposition de Didier Vinolas.

"La boucle est bouclée"
 
Même s'ils "peuvent apparaître de façon très périphérique dans la procédure", avait affirmé lundi l'un des avocats d'Yvan Colonna, ces deux noms "n'ont fait l'objet d'aucune exploitation dans le cadre des enquêtes" sur le plasticage de la gendarmerie de Pietrosella en 1997, puis sur l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998. Le 13 février, Didier Vinolas qui était un proche collaborateur du préfet de Corse Claude Erignac au moment de son assassinat, avait affirmé à la barre que deux membres présumés du commando à l'origine du crime étaient "peut-être" encore en liberté. Mais en définitive, a affirmé l'un des avocats généraux, "M. Vinolas n'était pas en possession d'un secret d'Etat, le supplément d'information n'a pas révélé d'élément nouveau (...) La boucle est bouclée". 
 
Les avocats d'Yvan Colonna, assassin présumé du préfet, avaient alors souhaité "un complément au supplément d'information". "On ne peut rester en présence de thèses antinomiques", avait plaidé l'un de ses avocat pour justifier l'organisation d'une confrontation. "Il faut vérifier si M. Vinolas dit la vérité, parce que si (c'est le cas) ça modifie la perspective de ce procès", a poursuivi l'avocat, selon lequel "ce dossier exhale la pourriture". Demande rejetée donc.

Yvan Colonna a pour sa part pris la parole pour dire qu'il voulait que le procès se tienne. Mais pas n'importe comment. "Les contradictions, on les pointe et on glisse dessus. Les magistrats et policiers n'ont jamais voulu se poser les bonnes questions", a protesté Yvan Colonna, pour qui "le dossier a été vitrifié en 1999", quand plusieurs membres du commando l'ont mis en cause avant de se rétracter 18 mois plus tard.

Par D.H. (avec agence) le 24 février 2009 à 17:20
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