Jean Tiberi, maire du Ve arrondissement de Paris, et son épouse Xavière. © REUTERSContrairement à ce qu'il affirme, Jean Tiberi avait "un réel intérêt politique" à organiser une fraude électorale dans le Ve arrondissement de Paris, ont affirmé mercredi les parties civiles, du simple électeur à l'ancienne opposante socialiste au maire du Ve, Lyne Cohen-Solal.
Le procès des Tiberi suspendu au bout d'un quart d'heure...
Plus de deux ans après leur condamnation en première instance, le procès en appel de Jean Tiberi et de son épouse Xavière dans l'affaire des faux électeurs du Ve arrondissement de Paris s'est brièvement ouvert lundi.
Publié le 26/09/2011
Faux électeurs du Ve : les Tiberi de retour devant la justice
Plus de deux ans après leur condamnation en première instance, Jean Tiberi et son épouse Xavière sont jugés à partir de ce lundi en appel dans l'affaire des faux électeurs du Ve arrondissement de Paris.
Publié le 26/09/2011
Le tribunal n'a été saisi que pour 196 faux électeurs, mais il y en a eu "plusieurs milliers", a dénoncé le conseiller régional Ile-de-France Yves Frémion, assurant que cela "pouvait changer le résultat de plusieurs élections successives". "Si cela n'avait pas servi à quelque chose, ça ne serait pas resté en place durant 25 ou 30 ans, ça aurait été trop dangereux", a poursuivi l'élu Vert, l'un des premiers à avoir déposé plainte en 1997. Jean Tiberi avait "un réel intérêt électoral" à le faire.
Des électeurs pour assurer le Grand chelem à Chirac
Pierre Montacié, un simple électeur déjà partie civile dans l'affaire des faux électeurs du IIIe où plusieurs personnes ont été condamnées, s'est employé à le démontrer. Quand Jacques Chirac s'est positionné pour l'Elysée, Jean Tiberi, qui était alors son premier adjoint, "se considérait comme son successeur normal". Or, a rappelé M. Montacié, ses scores n'étaient pas si faramineux comparés à ceux des autres maires d'arrondissement RPR de la capitale. Il était même "le moins bien placé". "Je pense que c'est ça qui a fait que le système a perduré pour que Jean Tiberi remonte son score et soit le candidat légitime à la succession de Chirac". Dans les années 1980, le RPR cherchait à "trouver des électeurs pour assurer un nouveau grand Chelem à Jacques Chirac", c'est-à-dire une victoire dans la totalité des mairies d'arrondissement de Paris, a renchéri le conseiller de Paris Yves Contassot.
Jean Tiberi nie toute fraude électorale. Mais "un maire d'arrondissement ne se salit pas les mains en faisant lui-même les opérations. Il donne des instructions orales", a affirmé l'élu Vert, évoquant "les menaces implicites" sur les fonctionnaires, contraints d'exécuter les ordres, au risque de voir leur carrière sabordée. Conseiller de Paris depuis 2001 à la mairie du Ve, la socialiste Lyne Cohen-Solal s'est dite tout aussi choquée de "la force d'intimidation" qui régnait à la mairie du Ve, "privatisée" par Xavière Tiberi. Habitante du Ve depuis 1977 et ancienne candidate à la mairie de cet arrondissement, Lyne Cohen-Solal a raconté qu'elle avait découvert la fraude grâce à une de ses camarades socialistes qui avait attiré son attention sur l'envoi aux électeurs du Ve d'un petit journal. "On était noyés sous le tas des (journaux) revenus" au courrier, se souvient-elle, puisque de nombreux électeurs ne résidaient pas dans le Ve.
"Immense préjudice"
"Dégoûté" par le "mépris" des Tiberi et l'"immense préjudice" causé à la capitale, l'avocat de la Ville de Paris, Me William Bourdon, a demandé au tribunal de les mettre "au Panthéon des fraudeurs", tandis qu'il a salué les aveux concédés par la première adjointe Anne-Marie Affret. Dans la matinée, les Tiberi avait persisté dans leurs dénégations, tandis qu'Anne-Marie Affret avait une nouvelle fois refusé de les désigner comme responsables. Au procureur Alexandre Aubert qui, dans un assaut de la dernière chance, lui demandait de dénoncer les donneurs d'ordre de la fraude, par respect pour les électeurs, la prévenue a répondu: "Je pense que ce n'est pas à moi de le faire (...). Je ne m'en sens pas capable. (...) Peut-être que ça va me coûter cher, mais tant pis pour moi".
(D'après agence)
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