"On se croirait devant la junte birmane !"

le 27 février 2009 à 16h39 , mis à jour le 27 février 2009 à 17h15

Nouvel incident au procès Colonna : la défense a demandé au président de partir, et a provoqué sa colère en risquant une comparaison avec la junte birmane.

Patrick Maisonneuve, un des avocats d'Yvan Colonna, s'exprimant devant le palais de justice (27 février 2009)Patrick Maisonneuve, un des avocats d'Yvan Colonna, s'exprimant devant le palais de justice (27 février 2009) © TF1/LCI

Le procès Colonna en appel se déroule depuis le début dans un climat très tendu. Et l'ambiance est devenue ce vendredi encore plus électrique lorsque la défense d'Yvan Colonna a jugé le président de la cour d'assises spéciale de Paris, Didier Wacogne, "indigne de mener les débats". Elle lui a demandé "de partir", provoquant un incident et une suspension de l'audience.

Le problème portait sur le retard qu'aurait mis le président à communiquer à la défense un certificat médical d'absence d'un acteur important de l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac, le policier Georges Lebbos. "Vous nous cachez des choses, vous êtes en cause", a explosé Me Antoine Sollacaro, sous les applaudissements d'une partie du public. "On se croirait devant la junte birmane", a poursuivi l'avocat du berger corse. Le président Wacogne a suspendu immédiatement l'audience qui venait de reprendre, déclarant : "il y a des limites!".

Le précédent Vinolas

Georges Lebbos, qui a mené une partie des gardes à vue des membres du commando arrêtés en 1999 et condamnés pour l'assassinat du préfet de Corse, le 6 février 1998, devrait être entendu le 13 mars. Il s'agit d'un "enquêteur-témoin-acteur essentiel" et dont "l'éthique professionnelle" est fortement contestée par la défense, selon Patrick Maisonneuve, un des autres avocats de Colonna. Or, le certificat médical mentionnant un "état dépressif" de Lebbos "incompatible" avec sa venue au procès est daté du 4 février, soit cinq jours avant le début de l'audience. Les défenseurs d'Yvan Colonna ont reproché au président Wacogne de ne leur avoir annoncé qu'au début de cette semaine l'existence de ce certificat.

Didier Wacogne, qui a ordonné une expertise médicale du policier pour vérifier le bien-fondé de son état, a ainsi affirmé vendredi n'avoir eu connaissance de ce document que le 10 février. Me Maisonneuve a regretté que ce document ait été "dissimulé" et rappelé qu'une lettre d'un autre témoin, Didier Vinolas, évoquant deux autres possibles suspects, n'avait pas elle non plus été évoquée par le président Wacogne, avant que Vinolas ne fasse un témoignage retentissant, le 13 février. "Encore une fois se pose dans ces débats la question de la loyauté" et celle de "l'impartialité", a commenté Me Maisonneuve. 

Après l'épisode Vinolas, une demande de récusation du président Wacogne avait été déposée par la défense. Le premier président de la cour d'appel l'avait rejetée.

D'après agence

le 27 février 2009 à 16:39
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14 Commentaires

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  • Zemygale, le 01/03/2009 à 09h45

    Procés non équitable puisqu'uniquement à charge...on veut dissimuler une enquête baclée sur ordre (de qui ? chacun son opinion) pour protéger un membre du gouvernement ou un vrai commando mais pas corse ou...toutes les hypothèses sont possibles puisque cet aspect est totalement absent de l'enquête.

  • Retra, le 28/02/2009 à 19h16

    Libérez cet homme !!! La justice n'est pas une bouffonnerie !!! Trop de manipulations et de doutes plannent sur ce dossier.

  • Na, le 28/02/2009 à 13h29

    Et vous Mr le président quelles sont vos limites ??? Ca sent de plus en plus mauvais

  • Roger, le 28/02/2009 à 10h09

    Quelqu'un a eu la simple idee de controler les comptes bancaires des temoins de dernier minute??

  • Jacquot, le 28/02/2009 à 06h30

    Si le président a été insulté dans sa noble fonction,il aurait dû "manus-militatis" non pas de partir mais de faire évacuer la salle d'audience.Quand on est aussi paranoïque chez beaucoup de corses dans l'île dites de beauté,surtout ne pas plier bagages,ne pas se soumettre,et faire intervenir la force armée.

  • Jacquot, le 28/02/2009 à 06h30

    Si le président a été insulté dans sa noble fonction,il aurait dû "manus-militatis" non pas de partir mais de faire évacuer la salle d'audience.Quand on est aussi paranoïque chez beaucoup de corses dans l'île dites de beauté,surtout ne pas plier bagages,ne pas se soumettre,et faire intervenir la force armée.

  • Aphrael, le 28/02/2009 à 05h13

    Les défenseurs ont ils si peut d'élément pour défendre leur client, pour être obliger de recourir à se genre de chose ? ou bien font ils leur publicité médiatique en vue de leur carrière futur.

  • Gianni, le 27/02/2009 à 22h46

    Mais il faut arreter de s;'indigner a partir du moment ou il y a du Sarkozy dans l'affaire tout est pipe si le president a decider tout va dans son sens Publier car c'est vraiment ce que pense bcp de gens !

  • Pierre, le 27/02/2009 à 20h00

    Cela commence à ressembler à l'affaire Dreyfus...toutes proportions gardées.

  • Patdro, le 27/02/2009 à 19h15

    Si avec tous ces épisodes à rebondissement monsieur ivan colonna ne s en sort pas!!!!!!ce serait surprenant.en plus les derniers témoignages valent de loin les autres. ivan ta liération est proche.d toute les façon je suis convaincu de son innocence

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