Patrick Maisonneuve, un des avocats d'Yvan Colonna, s'exprimant devant le palais de justice (27 février 2009) © TF1/LCILe procès Colonna en appel se déroule depuis le début dans un climat très tendu. Et l'ambiance est devenue ce vendredi encore plus électrique lorsque la défense d'Yvan Colonna a jugé le président de la cour d'assises spéciale de Paris, Didier Wacogne, "indigne de mener les débats". Elle lui a demandé "de partir", provoquant un incident et une suspension de l'audience.
Le problème portait sur le retard qu'aurait mis le président à communiquer à la défense un certificat médical d'absence d'un acteur important de l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac, le policier Georges Lebbos. "Vous nous cachez des choses, vous êtes en cause", a explosé Me Antoine Sollacaro, sous les applaudissements d'une partie du public. "On se croirait devant la junte birmane", a poursuivi l'avocat du berger corse. Le président Wacogne a suspendu immédiatement l'audience qui venait de reprendre, déclarant : "il y a des limites!".
Le précédent Vinolas
Georges Lebbos, qui a mené une partie des gardes à vue des membres du commando arrêtés en 1999 et condamnés pour l'assassinat du préfet de Corse, le 6 février 1998, devrait être entendu le 13 mars. Il s'agit d'un "enquêteur-témoin-acteur essentiel" et dont "l'éthique professionnelle" est fortement contestée par la défense, selon Patrick Maisonneuve, un des autres avocats de Colonna. Or, le certificat médical mentionnant un "état dépressif" de Lebbos "incompatible" avec sa venue au procès est daté du 4 février, soit cinq jours avant le début de l'audience. Les défenseurs d'Yvan Colonna ont reproché au président Wacogne de ne leur avoir annoncé qu'au début de cette semaine l'existence de ce certificat.
Didier Wacogne, qui a ordonné une expertise médicale du policier pour vérifier le bien-fondé de son état, a ainsi affirmé vendredi n'avoir eu connaissance de ce document que le 10 février. Me Maisonneuve a regretté que ce document ait été "dissimulé" et rappelé qu'une lettre d'un autre témoin, Didier Vinolas, évoquant deux autres possibles suspects, n'avait pas elle non plus été évoquée par le président Wacogne, avant que Vinolas ne fasse un témoignage retentissant, le 13 février. "Encore une fois se pose dans ces débats la question de la loyauté" et celle de "l'impartialité", a commenté Me Maisonneuve.
Après l'épisode Vinolas, une demande de récusation du président Wacogne avait été déposée par la défense. Le premier président de la cour d'appel l'avait rejetée.
D'après agence
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