Patrick Trémeau raconte son parcours de violeur

le 03 février 2009 à 16h25 , mis à jour le 03 février 2009 à 22h39

De son enfance dans des foyers où il a été violé, jusqu'aux premières agressions qu'il a perpétrées, le "violeur des parkings" a décrit mardi son histoire.

Patrick TrémeauPatrick Trémeau © TF1/LCI

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Une ancienne victime de Patrick Trémeau témoigne
 

"Comment ça a pu se reproduire, je ne sais pas. Je pensais être soigné". Au premier jour de son procès devant les assises de Paris, Patrick Trémeau, parfois surnommé le "violeur des parkings", a tenté d'expliquer pourquoi il avait de nouveau violé. Il avait déjà été condamné à sept ans de prison en 1987 pour un viol et à 16 ans de réclusion en 1998 pour 11 viols et deux tentatives. Aujourd'hui, il comparaît pour trois autres viols qu'il aurait commis à Paris à l'été 2005, l'un dans un local à poubelles et les deux autres dans des parkings. Il encourt 30 ans de réclusion criminelle. "Personne ne conteste le caractère odieux des actes commis", a relevé mardi l'un des avocats de l'accusé, Me Henri Leclerc mais, a-t-il insisté, "c'est le procès d'un homme qui a récidivé et pas le procès de la récidive". Un sentiment partagé par les parties civiles elles-mêmes. "Pour moi, c'est le procès de Patrick Trémeau, et pas un procès emblématique", a abondé Me Frédéric Hutman, qui défend deux des victimes.

La question de la récidive pèse pourtant largement sur ce procès. Objet d'un projet de loi défendu par le garde des Sceaux d'alors, Pascal Clément, elle était revenue au coeur du débat politique à l'occasion de l'interpellation de Patrick Trémeau. Au terme d'âpres discussions, le Parlement avait adopté définitivement le texte dont la mesure phare était l'instauration du placement sous bracelet électronique mobile.

"Ce que j'ai fait vivre à mes victimes, c'est ce que j'ai subi"

Pour ce nouveau procès devant les assises de Paris, et afin "d'avancer", Patrick Trémeau a pour la première fois accepté de dévoiler aux jurés "les zones d'ombre de (s)on existence". Autant de récidives, "c'est une situation qui est rare", a-t-il concédé à la présidente Nadia Ajjan, reconnaissant n'avoir "pas pris conscience des faits graves" qu'il avait commis envers 14 victimes durant ses deux premiers séjours en prison.

Il a notamment raconté à la cour comment sa mère, victime d'un viol avant sa naissance, avait donné naissance à son demi-frère, comment ils avaient vécu à quatre dans un appartement parisien de 12 m2 avec son beau-père qui le sermonnait à coups de ceinture quand il rentrait des divers foyers où il avait été placé toute son enfance. Mais surtout, il a relaté "les violences sexuelles" qu'il a lui-même subies dans un de ces foyers alors qu'il était jeune adolescent. Selon lui, "les grands" lui attachaient alors les mains dans le dos et le forçaient à des fellations, sous peine de boire un verre d'urine ou d'être brûlé avec des cigarettes. "Aujourd'hui, j'ai 46 ans et je ne suis toujours pas reconstruit. Ce que j'ai fait vivre à mes victimes, c'est ce que j'ai subi moi et ce qu'on a fait subir à ma mère", a-t-il analysé mardi, regrettant de n'avoir jamais pu en parler avant.

Alors que durant ses premiers séjours pénitentiaires, les soins avaient été "insuffisants", il a assuré mardi avoir bénéficié d'un "bon suivi" psychologique et psychiatrique lors de sa dernière détention. "On ne doit jamais désespérer de soi-même", a-t-il déclaré, se disant désireux "de ne pas détruire d'autres victimes". Des propos qui n'ont pas convaincu certaines de ses anciennes victimes, présentes à l'audience. Ainsi Marie-Ange Le Boulaire, pour qui il n'est "pas soignable" et la seule solution aujourd'hui est de "l'écarter de la société".

D'après agence

le 03 février 2009 à 16:25
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