Procès Colonna : l'incertitude

le 15 février 2009 à 21h00 , mis à jour le 15 février 2009 à 21h19

Le procès du berger de Cargèse menace de tourner court lundi après les révélations d'un haut fonctionnaire évoquant l'existence de deux autres protagonistes du crime.

Yvan ColonnaImage d'archives © TF1/LCI

La réaction de l'avocat de la famille Erignac
 

Un véritable coup de tonnerre allant jusqu'à menacer la suite du procès. Les déclarations vendredi soir de Didier Vinolas, 48 ans, un ancien collaborateur du préfet Erignac laissant entendre que deux de ses meurtriers présumés seraient toujours dans la nature, font peser une incertitude quand à la poursuite du procès en appel d'Yvan Colonna. Il doit en théorie reprendre lundi à 10 heures.
 
Très remontés, les avocats du berger de Cargèse reprochent au président du procès, Didier Wacogne, de leur avoir caché l'existence d'une lettre de Didier Vinolas évoquant l'existence de ces deux suspects. Me Garbarini précise que "tout est envisageable, jusqu'à notre retrait de ce procès".
 
Un procès fichu ?
 
Dénonçant un "scandale d'Etat", les avocats comptent déposer plainte contre X lundi pour "entrave à la manifestation de la vérité", visant implicitement les magistrats et policiers informés depuis 2002 de l'existence de ces deux suspects. Parmi eux figurent, selon Didier Vinolas, Yves Bot, à l'époque procureur de Paris. Selon plusieurs sources proches du dossier, il devrait en effet être appelé à témoigner par le président Wacogne, tout comme Christian Lambert, l'ancien patron du Raid, l'unité d'élite de la police à l'origine de l'arrestation d'Yvan Colonna en juillet 2003.
 
"Bien sûr qu'il va venir s'expliquer, pour tenter d'éteindre le feu, dire qu'il a bel et bien été informé mais qu'il n'a pas donné suite", prédit Me Garbarini, pour qui "le procès est d'ores et déjà fichu". Mais selon lui, "d'autres ont été mis au courant depuis plusieurs années, jusqu'au cabinet de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'Intérieur". Contacté par l'AFP, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a assuré qu'il n'avait "jamais été joint par M. Vinolas, qu'il ne connaît pas".
 
"Aucune conséquence sur la culpabilité de Colonna"
 
Du côté des parties civiles, qui avaient exprimé leur "stupéfaction" vendredi, on pointait le fait que ces révélations ne changeaient "pas la lecture du dossier" et n'avaient "aucune conséquence sur la culpabilité d'Yvan Colonna", selon les termes de Me Benoît Chabert, interrogé sur RTL.
 
Depuis l'arrestation en 1999 de six complices présumés (tous condamnés en 2003), Yvan Colonna est soupçonné d'être le septième homme du commando à l'origine de l'assassinat du préfet, abattu en pleine rue. L'accusation s'appuie sur les dénonciations de quatre des six conjurés, qui s'étaient ensuite rétractés en faisant valoir des "pressions" policières. Yvan Colonna, de son côté, n'a cessé de clamer son innocence. Le berger de 48 ans avait immédiatement fait appel de sa condamnation en décembre 2007 à la réclusion à perpétuité.
 

(D'après agence)
 

le 15 février 2009 à 21:00
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