Portrait d'Yvan Colonna avant son arrestation © TF1/LCILe procès en appel d'Yvan Colonna a été ajourné jusqu'à mardi en début d'après-midi, le temps que les différentes parties prennent connaissance des conclusions du supplément d'enquête ordonné après les révélations de Didier Vinolas, a annoncé lundi le président. Les juges d'appel d'Yvan Colonna chargés d'enquêter sur les déclarations choc de Didier Vinolas ont identifié deux noms jamais "exploités" dans l'affaire Erignac, ont affirmé lundi les avocats du berger, démentant que ce proche du préfet assassiné soit un "affabulateur". Cette annonce a provoqué un mini-coup de théâtre car il s'agit de personnes dont les noms n'étaient jamais apparus dans la procédure, selon la défense, et qui ne sont pas ceux évoqués par la presse durant le week-end.
Même s'ils "peuvent apparaître de façon très périphérique dans la procédure", a affirmé l'un des avocats, Me Patrick Maisonneuve, ces deux noms "n'ont fait l'objet d'aucune exploitation dans le cadre des enquêtes" sur le plasticage de la gendarmerie de Pietrosella en 1997, puis sur l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998. Les deux crimes ont été attribués au même commando nationaliste dont Yvan Colonna serait l'un des sept membres d'après l'accusation. Les six autres sont sous les verrous depuis 1999. En conséquence, la défense du berger corse estime que la cour d'assises ne pourra faire l'économie d'une enquête approfondie, sous peine de voir le procès faire naufrage. A peine rouverte lundi, l'audience a donc été à nouveau suspendue.
La défense s'est refusée dans l'immédiat à communiquer à la presse le nom des personnes mises en cause, vraisemblablement des membres de la mouvance nationaliste corse. Le procès avait été suspendu jeudi dernier pour permettre à deux magistrats d'enquêter sur les "révélations" de Didier Vinolas, un ancien adjoint de Claude Erignac. Ce dernier ayant accusé le parquet général puis le président de la cour d'assises lui-même, auquel il avait envoyé un courrier, de ne pas avoir tenu compte des informations qu'il détenait, la défense ne cesse de fustiger la "déloyauté" et la "partialité" des magistrats. Elle dénonce également les amitiés de certains protagonistes du procès avec le président de la République Nicolas Sarkozy. Sa demande de récusation du président de la cour d'assises spéciale de Paris, Didier Wacogne, a été cependant rejetée vendredi.
(D'après agence)
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