Le lord a été retrouvé dans un ravin, cinq mois après sa disparition © DRArgent et sentiments devaient être à partir de mercredi au coeur du procès en appel devant les assises des Bouches-du-Rhône de Jamila M'Barek, dernière épouse d'Anthony Ashley-Cooper, dixième comte de Shaftesbury, riche aristocrate britannique assassiné en 2004, crime pour lequel elle est accusée de complicité. Jamila M'Barek, 48 ans, a été condamnée le 25 mai 2007 à 25 ans de réclusion criminelle par les assises des Alpes-Maritimes, tout comme son frère Mohamed M'Barek, reconnu coupable de l'assassinat du lord anglais, mais qui n'a pas fait appel.
Lors de ce procès, tous deux ont affirmé que Lord Shaftesbury, 66 ans, était mort accidentellement lors d'une querelle d'après-boire dans l'appartement de Jamila, le 5 novembre 2004 à Cannes. Son cadavre réduit à l'état de squelette avait été retrouvé en avril 2005, dans une décharge sauvage près de Théoule-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Mais pour l'accusation, il s'agissait bien d'un assassinat programmé, avec l'argent pour mobile.
L'avocat de Jamila M'Barek plaidera l'acquittement
Jamila M'Barek, selon l'accusation, a aidé son frère à tuer son mari en l'attirant chez elle, en transportant le corps avec lui et en trouvant un lieu propice à l'abandon du cadavre. Elle n'a reconnu que tardivement avoir suivi son frère en voiture alors qu'il transportait le cadavre. Dans une écoute réalisée à son insu au parloir de la prison de Nice où elle était détenue, elle parlait aussi de 150.000 euros donnés après coup à son frère. Une semaine avant son mariage, le 28 octobre 2002, Lord Shaftesbury, croyant Jamila enceinte, avait rédigé un testament lui attribuant d'importants actifs immobiliers en Irlande et en France. Mais deux ans plus tard le comte, amoureux d'une autre femme cherchait à divorcer, ce qui aurait annulé le testament.
En première instance, elle avait protesté de son amour pour le comte : "j'aimais cet homme, il m'apportait beaucoup d'apaisement". Mais le comte fréquentait les bars à hôtesses de Cannes, buvait sec, et l'accusée assure avoir consulté elle-même des avocats pour divorcer. Son avocat, Me Gérard Bismuth, compte plaider l'acquittement. Il ne peut y avoir de complicité puisqu'il n'y a pas eu, selon lui, de préméditation. Il souligne que le comte est mort par strangulation, un mode opératoire qu'il juge peu compatible avec la préméditation, et que le corps a été transporté en plein jour dans l'escalier et la cour de l'immeuble de Jamila. Verdict attendu le 13 février.
D'après agences
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