Villepin à son arrivée chez les juges le 11 octobre 2007 © LCIAprès l'affaire Clearstream, voilà Dominique de Villepin interrogé sur le fameux compte de Jacques Chirac au Japon, dont l'existence reste à établir - une existence que nie farouchement l'intéressé. L'ex-Premier ministre a été interrogé comme témoin, jeudi à Paris, par un juge d'instruction de Tahiti. Selon L'Express, qui a révélé l'information sur son site internet, l'ancien Premier ministre a déclaré au juge que Jacques Chirac n'avait jamais détenu un tel compte, une affirmation que son avocat, Olivier d'Antin, qui n'a pas assisté à l'audition, n'était pas en mesure de confirmer vendredi.
L'affaire dure depuis longtemps déjà et a notamment donné lieu à des perquisitions aux services secrets et chez l'avocat de l'ex-chef de l'Etat. Le juge Jean-François Redonnet agit dans le cadre d'une enquête ouverte pour "assassinat" sur la disparition en 1997 du journaliste Jean-Pascal Couraud, hostile à Gaston Flosse, président de la Polynésie française et proche de Jacques Chirac. Un ex-membre du service d'ordre de la présidence de Polynésie a affirmé sans fournir de preuves que le journaliste avait été battu à mort avant d'être jeté en mer. Jean-Pascal Couraud, qui avait enquêté sur des malversations financières à Tahiti, aurait pu être amené à s'intéresser, dans le cadre de ses investigations, à des transferts de fonds vers un compte dans une banque japonaise qu'aurait détenu Jacques Chirac.
Les archives de Rondot, et les démentis de Chirac
C'est en marge de l'affaire Clearstream qu'ont été découverts, dans les archives du général Philippe Rondot, des éléments d'enquête de la DGSE sur ce supposé compte bancaire Chirac au Japon, dont l'existence n'a jamais pu être démontrée. Le bureau de Tokyo de la DGSE, menant en 1996 une enquête de routine sur le banquier Soichi Osada, ami de l'ancien maire de Paris qui voulait investir en France, a fait état dans une note envoyée à Paris d'un compte bancaire détenu par Jacques Chirac et crédité de 300 millions de FF, sans plus de détails.
Le général Rondot, qui a mené une enquête en 2001 sur cette affaire, à la demande de l'Elysée, avait confirmé devant les juges cette information en mars 2006, dans une audition, précisant que le compte était ouvert à la Tokyo Sowa Bank. Il est ensuite revenu dans la presse sur ses déclarations, avant de refuser de répondre aux juges, même lorsqu'ils l'ont fait conduire par la force dans leur bureau en mai 2006. Des documents sur ce compte japonais supposé saisis chez le général Rondot, versés au dossier Clearstream, établissent une apparence de lien avec la Polynésie. Ils contiennent des messages de la DGSE, des relevés bancaires japonais et des notes évoquant Gaston Flosse.
Dans le cadre du déplacement en métropole au cours duquel il a déjà entendu l'ex-Premier ministre (audition jugée du reste "parfaitement anecdotique" par l'avocat de Dominique de Villepin, Me Olivier d'Antin), le juge Redonnet pourrait également être amené à demander à entendre l'ancien président de la République. En mai 2006, l'ancien président avait démenti "catégoriquement" avoir jamais possédé un compte au Japon. En février 2008, il a fait procéder à des vérifications au Japon afin d'établir qu'il n'avait jamais disposé de compte dans une banque nippone.
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