Yvan Colonna : de la traque aux procès

Par Sylviane Moukheiber, le 09 février 2009 à 11h43 , mis à jour le 09 février 2009 à 12h02

Dossier : Yvan Colonna

Retour sur les quatre ans de cavale du berger corse et sur son premier procès d'assises à l'issu duquel il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre du préfet Erignac.

TF1/2003 © INTERNE

Quatre années de traque 

Du Val-de-Marne, en passant par la Sardaigne, l'Afrique, le Venezuela ou le Costa Rica, il a fallu quatre années de traque pour retrouver le fugitif. Yvan Colonna a défié toutes les polices de France. Il s'est promené «en ville», a rencontré son fils, correspondu grâce à une «boite aux lettres» mais n'a jamais quitté la Corse.
 
« Tu es bien Yvan Colonna ? ». Il est 18h50, vendredi 4 juillet 2003, à la bergerie de Margaritaghia, sur la commune de Porto-Pollo, dans le sud de la Corse. Le commissaire Christian Lambert, le patron du RAID (Recherche, assistance, intervention, dissuasion), ébauche un court dialogue avec un homme torse nu aux cheveux longs et barbu. L'homme commence par nier, puis avoue « Je suis Yvan. Pas de problème, c'est bien moi. On arrête de jouer. Vous avez bien bossé ». Dans son sac, il avait une arme de poing, un chargeur avec douze balles, une grenade, et une lettre de son fils Jean-Baptiste datée du 3 mai 2003 avec des photos.

La « piste des bergeries » était suivie depuis longtemps par le RAID, qui est persuadé que le fugitif est resté en Corse. 220 bergeries sont recensées. Début avril, la surveillance de l'entourage Colonna porte ses fruits. Détection d'allées et venues suspectes. Des messages entre des membres de la famille Colonna et une personne qui tient visiblement à rester cachée dans le maquis, mais qu'ils n'ont pas encore identifiée, « un système de boite aux lettres humaine ».

Le 4 juillet au matin, 30 policiers sont aux alentours de la bergerie en tenue de camouflage. Ils ont pris soin de se placer contre le vent, pour éviter que les trois chiens et les oies ne détectent leur présence. Vers 5 heures du matin, ils entendent des bruits de casseroles et un individu qui parle à ses chèvres. Une vieille habitude de berger. Une vieille habitude de Colonna. Ce n'est que vers 19 heures, de retour du maquis que Colonna sera arrêté. 
 
La capture du militant nationaliste intervient en plein procès de l'affaire Erignac et à deux jours du référendum sur la réforme du statut de la Corse, où la victoire du "non"  marquera un revers pour le gouvernement. Rejetant toute « polémique » sur ces coïncidences, M Sarkozy affirme que c'est le «  fruit d'un travail opiniâtre, méticuleux, patient, commencé il y a un an », excluant de ce fait ses prédécesseurs socialistes, Jean-Pierre Chevènement et Daniel Vaillant. 
  
Premier procès d'assises

 
Le premier procès d'Yvan Colonna s'est tenu devant la cour d'assises spéciale de Paris du 12 novembre au 13 décembre 2007.  Il a été reconnu coupable de l'assassinat du préfet Erignac le 6 février 1998 à Ajaccio, du plastiquage de la gendarmerie de Pietrosella le 6 septembre 1997 et de l'appartenance au « groupe sans nom » clandestin qui a exécuté ces deux actions. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises de Paris. Cette condamnation n'est pas assortie d'une peine incompressible. La sanction est la même que celle prononcée, en 2003 contre Pierre Alessandri et Alain Ferrandi présents sur les lieux du crime. Les trois hommes sont aujourd'hui considérés comme les coauteurs de l'assassinat d préfet Erignac. Le nationaliste Corse a revendiqué son innocence. Il a fait appel du verdict. Son nouveau procès s'est ouvert le 9 février 2009.



 
 

Par Sylviane Moukheiber le 09 février 2009 à 11:43
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