Portrait d'Yvan Colonna avant son arrestation © TF1/LCI![]() |
| Le point sur ce nouveau clash |
Nouveau rebondissement. Yvan Colonna et ses avocats ont quitté mercredi la cour d'assises spéciale de Paris après son refus d'organiser à Ajaccio une reconstitution de l'assassinat du préfet de Corse, Claude Erignac, en 1998.
Après avoir sommé sans succès l'accusé de comparaître en lui envoyant un huissier en cellule, la cour, suivant l'avis du parquet général, a décidé de continuer le procès sans lui et sans ses avocats. L'audience doit reprendre jeudi à 13 heures.
Le public évacué
Après un mois d'audience, le berger de Cargèse, condamné à perpétuité en première instance, a dit à la cour qu'il retournait dans sa cellule et refusait désormais de participer à une audience d'appel qu'il considère comme jouée d'avance. "Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, on n'avance pas, on balaye tout d'un revers de main", a dit Yvan Colonna à la cour lorsqu'a été notifié le refus de reconstituer le crime. "La vérité, vous ne la voulez pas, ça vous gêne, vous voulez pas y aller parce que ça vous gêne. J'ai décidé de quitter ce procès. Si vous voulez me condamner au nom de la raison d'Etat, (...) faites-le mais ce sera sans moi", a-t-il ajouté.
Ses cinq avocats lui ont emboîté le pas, refusant même la commission "d'office" ordonnée aussitôt par le président. Les proches d'Yvan Colonna manifestant leur joie, le président a fait évacuer le public. Le parquet général a fait savoir hors audience qu'il demandait la poursuite du procès. "La cour a les moyens juridiquement de poursuivre ce procès, c'est en tout état de cause ce que demandera à la cour d'assises le parquet général, dès que l'audience reprendra", a dit à la presse son porte-parole Didier Allard.
"Quand on est innocent, on se bat jusqu'au bout"
Théoriquement, cette solution est envisageable, et elle a d'ailleurs été utilisée pour le truand Antonio Ferrara fin 2008, mais elle semble problématique. La justice se trouve donc de nouveau dans l'embarras dans ce dossier emblématique qui tourmente depuis plus de onze ans les pouvoirs publics français, a suscité la création de deux commissions d'enquête parlementaire, de nombreuses controverses, et déjà quatre procès.
Les avocats d'Yvan Colonna ont indiqué qu'ils approuvaient son refus de participer au procès. "Ça ressemble à s'y méprendre à un aveu de culpabilité, quand on est innocent, on se bat jusqu'au bout", a dit à la presse ensuite Me Benoit Chabert, avocat de l'Etat français, partie civile au procès.
(D'après agence)
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