Jean Tiberi, maire du Ve arrondissement de Paris, et son épouse Xavière. © REUTERSLes réquisitions sont tombées. Après un mois de procès, les deux substituts du procureur ont demandé un an de prison avec sursis, 10.000 euros d'amende, cinq ans d'inéligibilité et de privation de droit de vote pour l'ancien maire de Paris Jean Tiberi, jugé par le tribunal correctionnel de Paris pour fraude électorale dans le Ve arrondissement en 1995 et 1997. Contre son épouse, Xavière, sont réclamés dix mois de prison avec sursis, 5000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité et de privation de droit de vote. Pour sept autres prévenus, des proches collaborateurs de Jean Tiberi, le parquet réclame des peines allant de simples amendes à de la prison avec sursis assortie d'inéligibilité.
Le jugement sera mis en délibéré après les plaidoiries de la défense, qui débutent mardi et dureront plusieurs jours. Il est attendu aux environs de l'été prochain, plus de douze ans après l'ouverture de l'information judiciaire. Au procès, l'élu de 74 ans, toujours maire UMP du Ve, a admis pour la première fois l'existence de la fraude électorale ayant consisté à inscrire par milliers, dans l'arrondissement, des personnes qui n'y résidaient pas, tout en assurant qu'il n'y était pour rien.
Cette affaire ouverte en 1997 avait en son temps menacé le plus haut niveau du pouvoir lorsque Jacques Chirac, mentor de Jean Tiberi et maire de Paris de 1977 à 1995, était à l'Elysée. En raison des retards pris par la justice, l'affaire est aujourd'hui vidée de sens, Jean Tiberi, maire de la capitale entre 1995 et 2001, étant en fin de carrière. Dans leur ordonnance de renvoi, les juges d'instruction ne retiennent à charge que 196 faux électeurs nominalement identifiés mais remarquent que, du simple fait des radiations administratives de 1997 à 2002, le corps électoral du Ve est passé de 41.437 personnes à 34.978 soit une différence de 6.459.
D'après agence
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