Yvan Colonna © TF1/LCI>"Le comité de soutien de Colonna sous le choc"
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Sept semaines de procès, huit heures de délibération et un verdict sans surprise. Les neuf magistrats de la cour d'assises spéciale de Paris ont prononcé la peine maximale prévue par la loi. Yvan Colonna a été condamné vendredi en appel à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté incompressible de 22 ans pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998. Les magistrats ont ainsi aggravé le verdict de première instance. Fin 2007, le berger de Cargèse avait été condamné à la perpétuité sans période de sûreté.
La défense a annoncé qu'elle déposerait "dès aujourd'hui" un pourvoi en cassation. "Cette décision est injuste, cette cour refusait par principe d'envisager toute autre hypothèse que celle de la culpabilité", a estimé Me Sollacaro, un des avocats de la défense. "La justice est passée", a commenté de son côté Me Lemaire, l'avocat de la veuve et des deux enfants du préfet. La défense en a appelé "solennellement aux représentants du peuple" et comptent également, une fois que la Cour de cassation se sera prononcée, saisir la Cour européenne des droits de l'Homme pour procès "inéquitable", estimant que ses droits ont été bafoués. Chez les indépendantistes, la commission anti-répression du pôle Corsica Libera s'est dite "indignée" par le verdict et Jean-Guy Talamoni, élu indépendantiste, s'est déclaré "consterné".
Un "simulacre" de justice
Yvan Colonna, qui avait été arrêté en juillet 2003 après quatre ans de cavale, et ses avocats avaient quitté le procès le 11 mars pour protester contre le rejet d'une demande de reconstitution et, plus généralement, pour dénoncer un "simulacre" de justice.
Au terme de sept semaines d'audience, le parquet général avait requis jeudi la peine maximale: la perpétuité avec une période de sûreté incompressible de 22 ans, pendant laquelle aucune demande de libération conditionnelle ou d'aménagement de peine n'est possible.
"Je ne boirai pas le champagne ce soir"
La cour, composée de neuf magistrats comme la loi l'exige en matière terroriste, a répondu à la majorité "oui" aux 34 questions qui lui étaient posées. Elle a reconnu qu'Yvan Colonna était coupable d'avoir "volontairement donné la mort" à Claude Erignac et coupable aussi d'avoir participé à l'attaque d'une gendarmerie à Pietrosella, où avait été dérobée l'arme du crime.
"Ne croyez pas que ce soit satisfaisant, je ne boirai pas le champagne ce soir comme l'a dit Yvan Colonna", a réagi Me Lemaire, car "voir un homme condamné à la réclusion à perpétuité est toujours difficile mais il faut quand même se souvenir qu'un préfet de la République a été tué et deux gendarmes ont été enlevés et détenus comme otages, a ajouté l'avocat. "Ma cliente est extrêmement fatiguée parce que nous avons tous vécu ce procès d'une manière difficile à quelque place que nous soyons", a poursuivi Me Lemaire. De son côté, le comité de soutien à Yvan Colonna a appelé à manifester samedi à Ajaccio pour dénoncer "un verdict inique" (Lire notre article).
(D'après agences)
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Yvan Colonna aura la bague au doigt ce jeudi
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