Domota menacé de poursuites après ses propos controversés

le 07 mars 2009 à 20h06 , mis à jour le 07 mars 2009 à 20h11

Le parquet de Pointe-à-Pitre a ouvert une enquête judiciaire pour "provocation à la discrimination, à la haine et à la violence" après les propos du leader du LKP sur les "békés".

Guadeloupe LKP Elie Domota négociation © TF1/LCI

Si le conflit social semble toucher à sa fin en Guadeloupe, la tension est toujours perceptible dans les propos, notamment ceux du leader du LKP, Elie Domota. Des propos qui pourraient d'ailleurs lui valoir des poursuites judiciaires, et qui ont provoqué samedi l'irritation de Xavier Bertrand. "Il y a eu un accord, il faut se remettre au travail, a lancé le secrétaire général de l'UMP. Ça ne sert à rien de remettre de l'huile sur le feu. Je n'avais déjà pas le sentiment que Monsieur Domota était un modéré, il n'avait pas besoin de le prouver une nouvelle fois".

Ces propos controversés avaient été tenus jeudi soir sur Télé-Guadeloupe. Le leader du LKP s'en prenait alors de manière virulente aux entreprises bloquées par des piquets de grève ou des groupes mobiles de manifestants, et à tous les patrons de l'île réfractaires à l'accord prévoyant une augmentation salariale mensuelle de 200 euros. "Soit ils appliqueront l'accord, soit ils quitteront la Guadeloupe", avait-il affirmé. "Nous sommes très fermes sur cette question là. Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l'esclavage".

Une "provocation", pour l'avocat de Domota

Le parquet de Pointe-à-Pitre a annoncé samedi avoir ouvert une enquête judiciaire. Elle vise le chef de "provocation à la discrimination, à la haine et à la violence contre des personnes ou des catégories de personnes en raison de leur origine ou en raison de leur appartenance ou de leur non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion, visant notamment et spécifiquement les personnes désignées par le vocable Béké et les entreprises que ces personnes dirigent", a précisé le procureur. Elle vise également celui, selon lui, de "provocation à l'extorsion de signature par contrainte s'agissant des accords dits Jacques Bino".

Un des avocats du LKP, Patrice Tacita, a indiqué ne pas être au courant de l'ouverture de cette enquête, estimant qu'une telle action judiciaire relèverait de la "provocation". Si elle est confirmée, "nous allons déposer plainte nommément contre ceux qui ont déposé plainte, pour révisionnisme", a-t-il dit, estimant que les propos d'Elie Domota sur les békés reflétaient "la réalité historique".

Dans le cadre de cette enquête, les gendarmes ont saisi samedi les enregistrements des propos tenus par Elie Domota, a de son côté indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur. "Des consignes fermes et précises" ont selon lui été données aux forces de l'ordre pour que la mise en oeuvre des accords se fasse sans violences ni menaces.

D'après agence

le 07 mars 2009 à 20:06
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