Domota se défend "d'appeler à la haine raciale"

le 08 mars 2009 à 13h41 , mis à jour le 08 mars 2009 à 13h52

Le leader du LKP, visé par une enquête sur des propos litigieux tenus jeudi dénonce une "volonté affichée de faire taire le peuple guadeloupéen".

Elie Domota, leader du LKP Elie Domota, leader du LKP © LCI

Elie Domota a réagi dimanche, quelques heures après l'annonce de l'ouverture d'une enquête judiciaire pour incitation à la haine raciale sur des propos polémiques qu'il a tenus jeudi. Le chef de file du LKP avait affirmé que les entrepreneurs qui refuseraient l'accord d'augmentation de 200 euros des bas salaires devraient "quitter la Guadeloupe" et qu'il ne laisserait pas "une bande de békés rétablir l'esclavage". Il évoquait ainsi les descendants des colons blancs accusés de contrôler l'économie des Antilles françaises.
 
"Il ne s'agit pas du tout d'un appel à la haine raciale", a-t-il expliqué sur i-Télé et France info, dénonçant une "volonté affichée de faire taire le peuple guadeloupéen". Si un procès devait être tenu, le leader du LKP a assuré qu'il demanderait qu'il soit radio-télévisé, afin que "le monde entier" puisse constater ce qui se passe en Guadeloupe.
 
Henri Guaino : "Toute incitation à la haine est inacceptable"
 
L'un des avocats du LKP a estimé que cette action judiciaire relevait de la "provocation", les propos d'Elie Domota sur les békés reflétant selon lui une "réalité historique. L'état de droit sera appliqué, nous sommes dans une République, nous sommes dans une démocratie", a répondu dimanche Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, sur radio J. "Toute incitation à la violence, à la haine raciale et tout usage de la force et de la brutalité dans une République comme la nôtre est inacceptable", a-t-il ajouté. Henri Guaino a cependant souligné qu'il y avait eu "de part et d'autre" des propos "qui ne sont pas dignes d'une République comme la nôtre et qui s'apparentent à une approche raciale des problèmes".
 
Le préfet de Guadeloupe Nicolas Desforges et le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre se sont aussi inquiétés des déclarations d'Elie Domota. Frédéric Lefebvre a ainsi dénoncé les "opérations d'intimidation" menées par "des sortes de tontons macoutes du LKP en Guadeloupe", une allusion à la milice paramilitaire créée par un ancien dictateur de Haïti au début des années 1960.
 
D'après agence

le 08 mars 2009 à 13:41
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