EDF a-t-il fait espionner Greenpeace ?

le 31 mars 2009 à 16h15 , mis à jour le 31 mars 2009 à 19h37

Deux responsables de la sécurité de l'entreprise publique ont été mis en examen pour complicité d'intrusion dans les ordinateurs d'un responsable de l'association Greenpeace.

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Yannick Jadot : "Un scandale énorme"
 
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Y-a-t-il des barbouzes au sein d'EDF ? Deux responsables de la sécurité de l'entreprise publique ont été mis en examen le 24 et le 31 mars dans une affaire présumée d'espionnage informatique visant Greenpeace, révèle mardi le site internet Mediapart. Il s'agit de l'ancien policier Pierre François, n°2 de la sécurité de l'entreprise d'énergie, et de son supérieur, le militaire Pascal Durieux. Poursuivis pour "complicité d'intrusion informatique", ils sont libres et ne sont soumis à aucun contrôle judiciaire. 
 
L'ancien directeur des campagnes de Greenpeace France, Yannick Jadot, avait annoncé un peu plus tôt mardi qu'une enquête avait été ouverte sur des "pratiques d'espionnage" présumées de ses ordinateurs, dans lesquelles EDF "serait clairement impliqué". M. Jadot, tête de liste "Europe écologie" pour les élections européennes dans l'Ouest, a ajouté s'être constitué partie civile dans cette affaire.  "Si l'implication d'EDF était avérée, on est là devant un scandale énorme",  a estimé le candidat écologiste. "On ne peut être dans une démocratie", avec une "organisation dont le contribuable, le citoyen est propriétaire" et "mettre en place des officines de  barbouzes (...) qui fliquent des citoyens qui cherchent encore une fois à faire  la transparence avec un peu de démocratie", a-t-il dit.

EDF se porte partie civile
 
Trois autres personnes sont mises en examen dans ce dossier : un  informaticien, soupçonné d'"intrusion informatique", et deux "intermédiaires",  dont le patron de la société privée de renseignement Kargus Consultant. Au départ, l'affaire portait sur une intrusion informatique au préjudice du laboratoire national antidopage de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Mais le parquet de Nanterre a requis un réquisitoire supplétif le 19 février dernier "pour des faits commis au préjudice de Greenpeace et d'un avocat", a précisé la source proche du dossier.
 
Si les deux responsables d'EDF "contestent avoir participé sciemment à une  intrusion informatique", l'informaticien ne contesterait pas les faits, selon une source proche de l'enquête citée par l'Afp. Le groupe EDF a confirmé mardi qu'une instruction judiciaire était en cours pour une "intrusion frauduleuse dans des systèmes d'information" et a annoncé s'être également porté partie civile "en qualité de victime de (la société) Kargus", a indiqué une porte-parole.

 
 
 

le 31 mars 2009 à 16:15
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