Xavier Fortin est libre

le 17 mars 2009 à 18h50 , mis à jour le 18 mars 2009 à 08h25

Condamné pour soustraction d'enfants à deux mois de prison ferme, peine déjà purgée en détention provisoire, Xavier Fortin a quitté la prison de Draguignan mardi soir.

xavier fortinXavier Fortin et ses deux fils à sa sortie de prison, le 17 mars 2009 © TF1/LCI

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La réaction de l'un de ses fils après le verdict
 

Xavier Fortin est libre. Arrêté fin janvier après onze années de fuite avec ses deux fils, soustraits à la garde de leur mère, l'homme de 52 ans a été condamné, mardi soir, par le tribunal correctionnel de Draguignan, à deux ans de prison dont 22 mois avec sursis, soit deux mois de prison ferme, peine déjà purgée en détention provisoire. Le tribunal, présidé par Emmanuelle Bessone, a décidé de ne pas le maintenir en détention, contrairement aux réquisitions du procureur de la République qui l'avait expressément demandé et avait requis une peine de 2 ans de prison dont 18 mois avec sursis.

Mardi soir, c'est donc libre qu'il a quitté la prison de Draguignan. "La seule chose que j'aie à dire, c'est que je remercie beaucoup tous ceux qui nous ont aidés", a-t-il déclaré à sa sortie. "Je suis soulagé", a-t-il ajouté, avant de s'engouffrer dans une voiture avec ses deux enfants et des proches. Après l'énoncé du verdict, l'un de ses fils, Shahi Yena, 18 ans, avait déclaré sur TF1 qu'avec ce verdict, "il n'y a ni vainqueur ni vaincu, la justice a ouvert les yeux, elle a fait ce qu'il fallait faire". "Pour moi, c'est un grand pas pour la justice en France par rapport à l'écoute des enfants", avait-il ajouté, aux côtés de son petit frère, Okwari, 17 ans. Le jeune homme avait également  indiqué que son frère et lui allaient désormais se partager entre les domiciles de leurs grands-parents paternels, en Normandie, de leur mère, à Saint-Raphaël, et de leur père, dans l'Ariège ou dans les Cévennes. "La maman a vraiment fait ce qu'il fallait faire", avait-il estimé.

"J'étais en situation de légitime défense"

Mardi à la barre, Xavier Fortin avait plaidé la bonne foi et avait défendu la légitimité de son acte. La mère des deux enfants, Catherine Martin, était elle absente à l'audience, après avoir retiré sa constitution de partie civile. Elle ne souhaitait en effet pas que sa participation au procès puisse être interprétée par ses fils comme un obstacle à la libération de leur père, avait dit son avocat. "Quand je les ai enlevés, j'étais en situation de légitime défense de mes enfants. A chaque fois que je les récupérais chez leur mère, je les trouvais dans un état épouvantable, chaque fois j'avais de plus en plus de mal à les retaper", a dit au tribunal Xavier Fortin. "Si je n'avais pas pris la décision de partir avec eux, j'aurais pu être poursuivi pour non-assistance à enfants en danger", a-t-il ajouté.

Grand, pâle, les cheveux longs coiffés en queue de cheval, le visage traversé de tics nerveux, Xavier Fortin a explosé de colère lorsque la présidente du tribunal a critiqué la vie qu'il avait offerte à ses enfants. "Moi, je suis un père de famille. J'avais une obligation d'éducation de mes enfants, notre cavale, ce n'était pas un choix délibéré, il n'y avait aucun plan, aucune réméditation. Je l'ai fait parce qu'il y avait un risque d'aliénation évident de mes enfants s'ils restaient chez leur mère", a-t-il dit. Des Cévennes au Gers, de la Haute-Garonne à l'Ariège, l'homme a vécu avec ses deux fils dans des maisons ou caravanes isolées, sans les scolariser mais, selon le dossier présenté au tribunal, sans jamais les maltraiter. Titulaire d'une maîtrise de Sciences, il leur aurait fait la classe lui-même et explique avoir observé avec eux une vie en marge de la société, sur des principes de proximité avec la nature.

Mardi, à l'audience, les deux enfants, aujourd'hui âgés de 17 et 18 ans, ont défendu leur père, parlant de "la vie de rêve" partagée avec lui et ont critiqué leur mère. "Elle nous a séquestrés, on n'en pouvait plus, alors on est partis du jour au lendemain, on est entrés dans la clandestinité changeant de prénoms, de dates de naissance, de domicile, on ne voulait plus d'une vie en appartement, on voulait être libres", a dit Shahi Yena. "On n'était pas sous l'emprise de notre père, il ne nous a jamais manipulés. Avec lui, on était sur la même longueur d'ondes", a-t-il ajouté.

(D'après agence)

le 17 mars 2009 à 18:50
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65 Commentaires

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  • Noémie, le 18/03/2009 à 15h26

    Je ne connais pas tout de cette histoire, mais soit le père a eu raison de faire ce qu'il a fait et il faudrait revoir notre politique familiale en cas de divorce pour avoir un meilleur suivi des enfants, ou alors il a eu plutôt tort et il faudrait expliquer aux pères qu'ils ont le droit d'aller voir les services sociaux pour demander une enquête, voir si les enfants ne seraient pas mieux avec leur père qu'avec leur mère.

  • Estelle, le 18/03/2009 à 14h53

    Pourquoi approuver cet histoire et cet homme? c'est scandaleux, ses enfants qui le soutiennent et qui dénigrent leur mére au nom de quoi, ? en attendant les annéees passées à les rechercher, ça ne compte pas je me mets à se place cette femme doit être deçu de ses enfants

  • Kelly, le 18/03/2009 à 14h31

    Que ce soit le père ou la mère, personne ne doit priver ses enfants de l'autre parent... Je ne comprends pas bien pourquoi on en arrive à de telles extrémités. Mais M. Fortin a eu tort. Même si ses enfants se disent heureux il les a quand même privés de leur mère et ceci n'est pas sans répercussions!

  • Tophe0119, le 18/03/2009 à 13h28

    A quand qu'on écoutera les enfants pour éviter de tel drame, les enfants dès 6 ans sont capable de juger avec lequel des 2 parents ils préfèrent vivre. Conclusion, une mère qui n'a pas vu ces enfants depuis très longtemps et une justice clémente qui peut inciter d'autres parents qui ne seraient pas dans ce cas précis...

  • AnneMarie, le 18/03/2009 à 11h53

    Et la maman dans tout ça ? privée de ses enfants pendant 11 ans.......Vous trouvez que c'est normal ? On devrait quand même réfléchir avant de faire des enfants, la séparation est toujours un drame et les enfants sont victimes du règlement de compte des parents.

  • Bénédicte, le 18/03/2009 à 11h37

    Certes, cet homme aime ses enfants mais que fait-il de la loi ? Elle n'existe pas pour lui ? A tous les pères n'ayant pas la garde de leurs enfants, allez y, enlevez vos enfants et partez en cavale, on ne vous dira rien ! Mais où va-t-on ? Cette décision est inadmissible !!!!

  • Anne, le 18/03/2009 à 11h08

    Enfin une vraie justice ! Bravo ! Chapeau à ces deux jeunes qui ont soutenu leur père ! Bravo au papa pour l'éducation solide qu'il leur a donnée ! Bravo à la maman qui a eu la rédaction qu'il fallait ! Nous souhaitons beaucoup de bonheur à cette famille.... mais c'est bien parti pour. Encore bravo à tous !

  • FREEDOM, le 18/03/2009 à 10h42

    Quelle hypocrisie, un cas médiatique qui ne changera rien au cas de milliers de père. Sur ce cas, la justice dit avoir essayé de comprendre, sur des milliers d'autres cas, la justice s'en moque éperduement. Cette homme a "soustrait" la garde de ses enfants à leur mère !! et alors, la justice soustrait bien l'éducation de leurs enfants à des milliers de père. Je dis juste bravo à cet homme, s'il avait eu une chance d'équité à l'époque, il n'aurait pas fait cela.

  • Thierry, le 18/03/2009 à 10h16

    Bravo pour cette décision. J'espère que les juges vont (enfin !) comprendre que le monde a évolué et mettre les pères à égalité avec les mères. Il y aura toujours (malheureusemet) des pères qui préfèreront privilégier leur petite carrière ou leur liberté aux enfants, mais de plus en plus de pères ont besoin de leurs enfants, de s'en occuper, de jouer avec eux, de les voir grandir. Il faut que les juges et les mères arrivent à comprendre ça. En matière de divorce, la règle devrait être la garde alternée, sauf impossibilté professionnelle ou accord des parents. Je suis moi-même père divorcé avec une fille en garde alternée. Certes, ce n'est pas tous les jours facile mais celà vaut bien quelques concessions et je n'aurais pas supporté de n'être bon qu'à payer une pension alimentaire et l'avoir un week-end sur deux.

  • Mel, le 18/03/2009 à 09h08

    Enfin, une jusice digne de ce nom. Bon courage et tous mes voeux à Mr Fortin et ses fils pour une nouvelle vie pleine de bonheur.

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