Jugé pour avoir caché ses fils pendant 11 ans

Par A.Gu. (avec agences), le 17 mars 2009 à 06h00 , mis à jour le 17 mars 2009 à 11h08

Arrêté en janvier, Xavier Fortin comparaît en correctionnelle à Draguignan, après onze ans de périple avec ses deux fils, enlevés en 1998 à l'âge de 6 et 7 ans.

Xavier Fortin Xavier Fortin

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"Notre père n'a rien à faire en prison"

Arrêté fin janvier en Ariège, après onze ans de cavale avec ses deux fils enlevés fin 1997 à l'âge de 6 et 7 ans, Xavier Fortin, 52 ans, comparaît mardi devant le tribunal correctionnel de Draguignan, dans le Var. Par soucis d'apaisement, son ex-femme, ne s'est pas portée partie civile. "Elle ne veut pas la guerre mais juste revoir ses fils", a déclaré l'une des avocates du prévenu, Me Pascaline Saint-Arroman Petroff, qui espère que la peine qui sera prononcée contre son client n'excédera pas la durée de sa détention provisoire. Xavier Fortin, détenu depuis début février à Draguignan, risque deux ans de prison ferme pour "soustraction d'enfant par ascendant", peine à laquelle il avait été condamné par défaut en 2005, a expliqué Me Saint-Arroman Petroff, qui représente également les intérêts des deux fils.
  
Pour l'avocate, cette affaire "ne devrait pas relever de la justice pénale". "Il ne s'agit pas de délinquance mais d'un père qui aime ses mômes et n'a pas supporté qu'on lui dise 'vous avez juste mis la petite graine et vous n'avez aucun droit'", dit-elle, estimant que, dans les années 1990, quand le couple s'est séparé, la justice confiait systématiquement les enfants à la maman "sans écouter la parole des enfants". Or, selon leurs déclarations, ils souhaitaient rester avec leur père, "pas parce qu'ils n'aimaient pas leur mère" mais parce qu'ils voulaient "continuer à vivre à la campagne, proche de leurs copains et au milieu des animaux", a poursuivi l'avocate.
  
Mode de vie alternatif

Xavier Fortin et sa compagne avaient jusqu'à leur séparation été d'accord pour mener un mode de vie alternatif aux Adrets, dans le Var. La garde des enfants avait ensuite été confiée à la mère, avec droit de visite et d'hébergement au père. Mais à Noël 1997, ce dernier avait décidé de ne pas les ramener chez son ex-compagne, débutant une vie de clandestinité sous une fausse identité dans l'Ariège où il a géré pendant sept ans une ferme pédagogique avant d'occuper pendant un an une grange à Massat, lieu où il a été arrêté.

L'agriculture et l'élevage lui rapportaient environ 180 euros par mois, a-t-il indiqué au tribunal de Draguignan début février. Titulaire d'une maîtrise de sciences, il a affirmé avoir suivi à la lettre les programmes de l'Education nationale pour assurer l'enseignement des enfants. Il a également indiqué avoir régulièrement donné de leurs nouvelles, par courrier dont la provenance n'était pas identifiable, au juge d'instruction de Draguignan chargé de l'affaire.
  
Une expertise dénonce "l'emprise" du père

Une expertise psychiatrique ordonnée par le procureur souligne toutefois que les enfants étaient sous l'influence de leur père. Dans ce document d'une dizaine de pages que Le Figaro a consulté, le docteur Marie-Françoise Grau-Espel - qui a rencontré les enfants, aujourd'hui âgés de 17 et 18 ans-, dénonce "l'emprise" exercée par le quinquagénaire sur les garçons. Ces derniers présenteraient des troubles de la construction et de la personnalité. Au final, l'expertise remet en cause la version défendue par les enfants qui prétendent avoir décidé librement de fuir, alors qu'ils n'avaient que 7 et 8 ans. Me Saint-Arroman Petroff admet que la construction psychique des jeunes gens a été marquée "par l'absence de la mère" mais estime que "les enfants ont besoin des deux parents".

Dans une interviexw donnée lundi au Figaro, Shahi Yena, le fils aîné demande à la justice d'être clémente et de "libérer" son père qui avait à l'époque fait un choix "pour préserver notre bonheur, notre équilibre et l'éducation que le couple avait commencé à nous prodiguer avant de se séparer".

Par A.Gu. (avec agences) le 17 mars 2009 à 06:00
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13 Commentaires

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  • Freed, le 17/03/2009 à 16h25

    Il a eu raison cet homme, pourquoi plus la mère que lui ? Moi, la justice m'a donné une garde alterné, mais m'a ruiné financièrement ..... conclusion, j'ai été obligé de stopper la garde alternée car je me retrouvais à la rue. La justice s'en fout royalement des enfants et des pères et s'il y avait des milliers de père comme cela, les choses changeraient. Je n'ai rien contre les mamans mais il n'est pas normal qu'elles soient privilégiées sans que l'on s'intéresse à la vie des enfants avant la séparation.

  • Anne, le 17/03/2009 à 16h05

    Je ne comprends pas que l'on fasse un procès à cet homme, alors quedes milliers de mères soustraient quotidiennement, avec la bénédiction de la Justice de notre pays, les enfants à leur père. Une mère peut partir à 800 km du domicile, changer les enfants d'école en se passant de l'accord obligatoire du père, accuser de violences imaginaires ou d'attouchements ou autres en toute impunité ; un père n'a que le droit de payer, toujours payer et d'être dans l'attente du consentement de la mère pour avoir la joie de partager des moments précieux avec ses enfants. Il a bien fait M. FORTIN et j'espère qu'il deviendra un exemple pour le respect de la paternité. Mesdames les juges, ce n'est pas parce que vous êtes des femmes que vous devez, systématiquement, laisser les enfants à des mères souvent toxiques et dangereuses pour les enfants.

  • Nelsms20, le 17/03/2009 à 15h16

    Je suis mere mais mon choix a ete vers mes enfants lorsqu ils ont choisi de vivre en campagne chez leur pere.. c est dur mais les pere n'ont pas toujours droit a la garde, des pere peuvent aussi elever leur enfants voir meme mieux. ainsi l enfant ne choisit pas et subit ce que la loi ordonne. il faudrai changer, evoluer. je suis mere et rien a changer dans mes droit, mes enfants et moi avont visite illimité et meme en guere la loi a pris notre demande en compte et tout a ete impeccable donc la loi oblige a faire des irreparable parfois.

  • Christine, le 17/03/2009 à 14h45

    Il est vrai qu'un père a autant de droit que la mère mais il n'a pas à influencer des jeunes enfants et les empêcher de voir leur mère, à 6 et 7 ans on n'a pas le droit de dire que les enfants ont décidé librement de ne plus voir leur mère ; on doit maintenir des relations autant envers le père que vers la mère. Cette triste histoire démontre que ce ne sont pas toujours que les pères qui subissent mais qu'il existe également des mamans qui passent pour l'ennemi aux yeux de ses enfants. Comment se reconstruire après cette longue absence ?

  • Tom, le 17/03/2009 à 14h28

    Ce monsieur n'a absolument rien à faire en prison !! Scandaleux ! Il n'est pas dangereux, lui, pour la société ! Jolie, la justice française ! Les fous dangereux sont libérés, et les innocents en prison !! J'espère que les enfants vont réussir à faire sortir leur père de prison !

  • Seb, le 17/03/2009 à 13h27

    Une fois encore, il faut se poser la question de savoir pourquoi la justice donne systematiquement la garde à la mere.....

  • Gigi, le 17/03/2009 à 11h32

    Que s'est 'il passer dans sa tête à ce papa alors que tout s'engageait bien au départ dans cette séparation , entendre ses enfants dire qu'il à voulut préserver leurs bonheur en les séparant de leur mère , comment peut on préserver le bonheur d'enfants en les séparants du père ou de la mère ?

  • Patrick, le 17/03/2009 à 11h30

    Moi aussi je me bats pour avoir une garde alternée et sa fait deux ans que sa traine. C'est la justice qu'on devrait juger et pas le père. Si je pouvais et si j'en avais les moyens, je ferai pareil que lui, m'enfuir avec des deux enfants. Tout ce qu'on nous reconnait c'est d'être des geniteurs et des payeurs de pension alimentaire, Mesdames les Juges qui ont le savoir ferait mieux d'entendre les enfants quelque soit leur age, au lieu de les pertuber et de reconsiderer les peres qui veulent élever leurs enfants. Ils feraient mieux, messieurs nos députés ferait mieuxde nous faire un projet de loi plutot que de nous enlever nos gosses. Je vois pas pourquoi un homme serait moins apte à élever ses enfants qu'une mère. Remeté cet homme en liberté, il n'a tué personne et je lui envoie tout mon soutien

  • Maryline, le 17/03/2009 à 10h38

    Sachez que malgré tout les bons pères que l'ont peu croiser, il y a encore des pères qui n'ont strictement rien à faire des enfants. Alors insurgez vous contre la justice qui donne les enfants à la mère mais que dites vous d'un père sitot divorcé sitot re papa et qui oublie les enfants du premier mariage ?

  • Fabienne, le 17/03/2009 à 10h06

    Il y a surtout aujourd'hui aucun respect des droits des enfants. Si l'enfant ne manifeste pas ce que ces conservateurs de juge et de psy pensent (donc une famille traditionnelle) ils parlent alors de manipilation de l'enfants, d'aliènation. Cette maman a du vivre des moments douloureux, et aujourd'hui elle est digne dans son comportement. Les seuls responsables sont les JAF qui se fichent de la parole de l'enfant, pour ne privilègier que la génétique et leur vision dépassée de la famille. des juges tout puissants qui n'appliquent pas le droit mais transforment le droit comme ils souhaitent qu'il soit. Mesdames, Messieurs vous n'étes pas le reflet de la société mais une caste à part.

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