L'endroit où a été tué le préfet Erignac en 1998 en Corse © LCILa réponse est non. Mardi matin, Didier Wacogne, président de la cour d'assises de Paris a estimé qu'"en l'état des débats", il ne voyait aucun élément nouveau justifiant l'organisation d'une reconstitution de l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac à Ajaccio.
La défense du berger corse jugeait cette reconstitution indispensable pour faire la lumière sur les faits. Elle devait notamment permettre de trancher entre la thèse de l'accusation, qui parle d'un groupe de trois hommes mettant à mort le préfet, et les témoins oculaires, qui pour la plupart n'en ont vus que deux. Ils souhaitaient la présence des personnes déjà condamnées -même s'ils refusent de participer - des témoins oculaires, des médecins légistes et des experts en balistique, qui selon eux, pensent que le tueur était plus grand qu'Yvan Colonna.
Le sort de Colonna "scellé" ?
Les avocats de ce dernier se sont indignés de cette décision "ahurissante" de la cour, d'autant qu'immédiatement après, un témoin ayant vu deux des hommes impliqués dans le crime a déclaré qu'il ne reconnaissait pas Yvan Colonna. "Le sort judiciaire de Colonna est scellé, tout ce que la défense essaye d'exprimer n'a aucune résonance", a déclaré Maître Pascal Garbarini, estimant que le président Wacogne avait perdu l'occasion de "restaurer la confiance" avec la défense.
Cédric Leprévost, témoin des faits, a ensuite raconté à la barre avoir vu, un quart d'heure environ avant le crime, deux hommes postés dans une rue perpendiculaire à celle où a été tué le préfet. Il a croisé le regard de l'un d'eux, qui portait une casquette - détail remarqué par un autre témoin oculaire sur l'auteur des coups de feu. Regardant l'accusé, le témoin a assuré qu'il ne s'agissait pas de lui. C'est le troisième témoin oculaire à ne pas reconnaître Colonna, ce qui est conforme au premier procès. La défense a remarqué que Cédric Leprévost n'avait pas été présenté aux suspects durant l'instruction et estime donc que ses déclarations constituent un élément nouveau. "A quel moment va-t-on considérer que nous avons droit à un procès équitable ?", a lancé Me Gilles Simeoni.
Demain, ce sera aux membres du groupe de tueurs déjà condamnés et de leurs épouses ou compagnes de venir à la barre. Ils avaient accusé initialement Yvan Colonna, ce qui a fondé la condamnation à perpétuité prononcée à son encontre en première instance en 2007.
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