Le CSM reporte sa décision sur le juge Burgaud

le 27 mars 2009 à 06h57 , mis à jour le 27 mars 2009 à 09h15

Le Conseil supérieur de la magistrature devait rendre une décision vendredi sur une éventuelle sanction disciplinaire à l'encontre du jeune magistrat.

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Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a annoncé vendredi dans un communiqué qu'il reportait au 24 avril sa décision concernant une éventuelle sanction disciplinaire à l'encontre de Fabrice Burgaud, juge d'instruction controversé de l'affaire de pédophilie d'Outreau. Ce report intervient alors que la décision devait être rendue vendredi à 14 heures. Il est motivé par le besoin d'un "délai supplémentaire" pour que les membres de l'organe disciplinaire de la magistrature parviennent à une décision, a précisé une autre source proche du dossier.
 
Fabrice Burgaud, 37 ans, a comparu du 2 au 6 février devant l'instance du CSM chargée de juger sur le plan disciplinaire les magistrats du siège. C'est la Chancellerie qui a traduit le juge devant le CSM, lui reprochant son "manque évident de rigueur et d'impartialité" dans la manière dont il a instruit, en 2001-2002 au tribunal de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), une affaire très médiatisée d'abus sexuels sur mineurs dans la ville d'Outreau. Finalement, 13 des 17 accusés ont été innocentés, pour certains après trois années de détention provisoire. Ce fiasco judiciaire a entraîné une prise de conscience collective des dysfonctionnements de la justice avec une enquête parlementaire et le vote d'une réforme renforçant les droits de la défense en mars 2007.

"Cinq années d'opprobre publique"
 
Outre Fabrice Burgaud, un seul autre magistrat a été poursuivi sur le plan disciplinaire, le procureur de Boulogne Gérald Lesigne, qui n'a fait l'objet d'aucune sanction et a simplement été muté à Caen. A l'encontre de Fabrice Burgaud, le ministère de la Justice a réclamé une exclusion temporaire de la magistrature d'un an maximum, l'une des neuf sanctions disciplinaires possibles, allant de la simple réprimande à la révocation. La Chancellerie a dénoncé "un comportement non conforme à ce qu'on est en droit d'attendre d'un juge dans l'exercice de ses fonctions (...) d'une particulière gravité pour les mis en cause, pour les mineurs et pour l'image de la justice".
 
Pour ses avocats, le juge Burgaud, alors tout juste sorti de l'école de la magistrature, "a agi en conscience" et, même si son instruction "n'a pas été parfaite", il ne doit pas servir de bouc-émissaire. Le travail du magistrat a été contrôlé et défendu par sa hiérarchie, ont fait valoir les témoins entendus lors de son audience disciplinaire. Aujourd'hui en poste au parquet de Paris, chargé de l'exécution des peines et de la coopération internationale, Fabrice Burgaud a pour sa part demandé au CSM "de (lui) rendre (son) honneur, de (lui) rendre aujourd'hui justice" et ainsi "mettre un terme à cinq années d'opprobre public". Dans une tribune parue jeudi dans Libération, les avocats des innocents d'Outreau ont dénoncé une procédure devant le CSM ayant "écarté" les acquittés, qui éprouvent aujourd'hui de "l'indignation" et un "nouveau sentiment d'injustice".

(D'après agence)

le 27 mars 2009 à 06:57
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2 Commentaires

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  • JGH, le 27/03/2009 à 09h18

    Le CSM préfère, peurt-être attendre qu'il y ait moins dans " turbulences " en politique pour annoncer une possible" relaxe "de M. Burgaud, Une telle annonce, en ces temps actuels, risque, en effet, d'être la goute qui pourrait faire déborder le vase auprès de l'opinion publique

  • Michel, le 27/03/2009 à 08h34

    Le CSM refuse d'admettre que cette affaire a été confiée à un juge qui manquait d'expérience et surtout complètement livré à lui-même. Deux choses sont à noter: d'abord le manque de suivi de la part des supérieurs du juge Burgaud, et surtout un CSM qui se refuse de sanctionner un de leur confrère et qui refuse de prendre ses responsabilités en essayant de prendre du temps, tout cela pour un jugement qui se finira en queue de poisson avec cris et honte de la part des plaignants.

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