L'ouverture du procès AZF à Toulouse, le 23 février 2009 © TF1-LCI Il conteste la relaxe générale prononcée jeudi par le tribunal correctionnel de Toulouse dans l'explosion de l'usine AZF qui avait fait 31 morts en 2001l'enquête. Dans son jugement, le tribunal correctionnel de Toulouse a estimé impossible de conclure avec certitude que l'accident, qui a fait 31 morts en 2001, était dû au problème de stockage relevé par l'enquête. La justice se prononce jeudi sur la cause de l'explosion de l'usine AZF, qui avait fait 31 morts en 2001, et sur les poursuites visant les sociétés et dirigeants du groupe Total, responsables de l'usine.
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Les points clés pour comprendre
Des responsables des premiers secours ont évoqué mardi devant le tribunal correctionnel leurs moyens inadaptés face à l'ampleur de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse, qui a fait 31 morts le 21 septembre 2001. "Nous étions dans le cas d'une catastrophe avec moyens dépassés", a résumé à la barre le colonel de pompiers Jean-Louis Auriac, premier responsable de la coordination des secours sur place. "Dans les premières minutes qui ont suivi cette explosion, j'ai quitté ma caserne sans savoir vraiment où me rendre. J'ai vu un immense nuage mais je n'ai pas pensé tout de suite à AZF mais plutôt à l'usine voisine de la SNPE", a-t-il ajouté.
Voisine de l'usine AZF, la Société Nationale de Poudres et Explosifs, partiellement fermée depuis le drame, fabriquait à l'époque des produits extrêmement instables comme le phosgène, destiné à la propulsion des fusées Ariane. Le colonel Auriac a souligné que l'explosion du 21 septembre 2001 n'avait pas été retenue "parmi la nomenclature des éventualités d'accidents liés à la présence de cette usine." "Sur place, dès notre arrivée, nous avons fait un peu en fonction de nos moyens, inadaptés c'est évident face à l'ampleur du drame", a renchéri le capitaine de pompiers Michel Chauvet. Il a expliqué que l'organisation des secours avait été compliquée par la destruction du "bâtiment-pompiers" de l'usine. D'autres sauveteurs ont également évoqué la même sensation "d'improvisation" des secours sur la zone du drame. L'accusation défend la thèse d'un accident chimique mais ses conclusions sont mises en doute par des experts, dont ceux du groupe pétrolier Total , dont la filiale, Grande Paroisse, exploitait l'usine.
Desmaret entendu en juin
Le début de ce procès fleuve a été marqué par un rebondissement la semaine dernière : le tribunal correctionnel a accepté de placer Total et son ancien dirigeant Thierry Desmarest parmi les prévenus. Tous deux comparaîtront donc aux côtés de Grande Paroisse et de l'ancien directeur de l'usine Serge Biechlin, déjà mis en examen par les juges d'instruction. Au début de l'audience, mardi, l'un des avocats de la société Total, Me Jean Veil, a demandé au président du tribunal de suspendre les débats pour permettre à ses clients de mieux préparer le procès. "Cette décision judiciaire surprise rend les débats désormais inéquitables puisque nous n'avons pas eu le temps de préparer notre présence à ces audiences", a-t-il plaidé. "En tous les cas, je demande au moins que la société Total et monsieur Desmarest ne soient pas convoqués pour audition dans des délais trop brefs", a ajouté l'avocat.
Mais le président Thomas le Monnyer, à l'issue d'un délibéré d'une heure, a rejeté sa requête. "Comme prévu initialement dans le calendrier de ce procès, la société Total et monsieur Desmarest ne seront entendus que du 10 au 12 juin prochain. Ce qui laisse donc à leur défense un délai suffisant pour préparer leur défense", a-t-il dit.
Polémique sur le bilan des victimes après la catastrophe
L'ancien directeur des ressources humaines (DRH) de l'usine AZF de Toulouse, Gildas Thomas, a pour sa part fait part mardi de son "trouble" sur le bilan de l'explosion de l'usine AZF, réduit selon lui d'un mort le lendemain de la catastrophe, ce qui a déclenché une confrontation avec le responsable des secours. M. Thomas a assuré que le nombre de cadavres retrouvé à l'intérieur de l'usine avait été ramené de 23 à 22. Le responsable des pompiers le colonel Claude Donin (aujourd'hui 69 ans), a-t-il dit, lui a repris une liste initiale, affirmant qu'il y avait "des erreurs" et qu'il risquait "d'avoir des ennuis".
M. Thomas a aussi affirmé qu'en février 2002 le colonel Donin lui avait dit : "vous avez vu ce qu'à dit le procureur dès le 24 septembre, vous ne saurez jamais ce qui s'est passé !". Le procureur de la République Michel Bréard avait alors déclaré privilégier "à plus de 90% la piste accidentelle". "Vous voulez dire que des policiers, des pompiers, des officiels, en France, en 2001, ont fait disparaître un corps, ont caché un cadavre identifié, c'est la théorie du complot", a demandé le président du tribunal Thomas le Monnyer, soulignant que le témoin n'avait pas évoqué ce "trouble" lors de sa première déposition le 9 octobre 2001. "Je n'ai jamais alimenté cette théorie du complot, mais j'en ai tellement entendu parler autour de moi, que ce point m'est revenu", a répondu M. Thomas, 61 ans, aujourd'hui retraité.
Le colonel Donin a démenti avoir remis tout document et a fortiori l'avoir repris à M. Thomas, qu'il "ne connaissait pas", tout en ajoutant que "par humanité" il avait "pointé" une liste de victimes avec le directeur de l'usine Serge Biechlin. "Je nie totalement", a ajouté le colonel Donin au sujet de la rencontre supposée de février 2002. Le président a ensuite confronté les deux hommes qui déposaient sous serment, et sont restés sur leurs positions. L'audience de mercredi sera consacrée aux premières auditions de victimes du drame.
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