Les avocats d'Yvan Colonna, lors de son procès en appel devant la cour d'assises de Paris © LCILe procès d'Yvan Colonna, jugé en appel pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998, a dû être suspendu jeudi après un incident opposant la défense et les parties civiles au moment de la déposition d'un témoin crucial. Me Philippe Lemaire, avocat de la veuve du préfet, a laissé entendre que ce témoin, Michèle Alessandri, qui tentait de se rétracter sur la mise en cause d'Yvan Colonna, déposait sous la menace. "Ce serait gravissime pour elle si elle disait seulement la vérité. Vous savez très bien où elle habite", a lancé Me Lemaire à l'adresse de l'accusé. Michèle Alessandri vit à Cargèse (Corse-du-Sud), le village d'où est originaire Yvan Colonna.
Ce dernier s'est levé pour protester et Me Gilles Simeoni, un de ses avocats, a violemment apostrophé son confrère. Le procès a été interrompu alors que Michèle Alessandri fondait en larmes. Elle venait de déclarer avant l'incident qu'elle souhaitait partir et ne voulait plus répondre aux questions.
En 1999, Michèle Alessandri était parmi les nombreux protagonistes de l'affaire qui avaient mis en cause Yvan Colonna. Elle disait l'avoir vu partir avec son mari Pierre Alessandri le soir du 6 février 1998, et un troisième homme, Didier Maranelli, quelques heures avant l'assassinat du préfet. Le lendemain, elle disait être allée rechercher son mari à Ajaccio, chez Alain Ferrandi, où elle aurait encore vu Yvan Colonna. A la barre, Michèle Alessandri a confirmé jeudi l'intégralité de ce scénario sauf la partie concernant Yvan Colonna, assurant que les policiers l'avaient contrainte à citer ce nom. Arrêtés en 1999, Ferrandi, Alessandri et Maranelli, déjà condamnés, ont reconnu leur participation, au contraire d'Yvan Colonna, arrêté en 2003 après quatre ans de fuite.
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