Image d'archives © DRC'est le dernier grand chantier de Rachida Dati avant son départ annoncé de la Chancellerie pour mener la campagne des Européennes. Lundi après-midi, lors d'une visite au nouveau centre éducatif fermé de Sainte-Ménehould, dans la Marne, la garde des Sceaux annoncera "les grandes lignes du projet de Code de la justice pénale des mineurs", découlant directement des 70 propositions formulées fin 2008 par la commission Varinard.
Lors de la remise de ce rapport, le 3 décembre 2008, Rachida Dati avait assuré que "le principe selon lequel le mineur délinquant est aussi un mineur en danger ne doit pas être remis en cause". Selon toute vraisemblance, les grands principes énoncés dès 1945 comme l'atténuation de la responsabilité pénale en fonction de l'âge, la priorité donnée à l'éducation sur la répression ou encore la prise en charge des mineurs par des juridictions spécialisées pour les mineurs devraient être réaffirmés. Sur ce dernier point, le projet de la ministre prévoirait d'instaurer un "tribunal correctionnel pour mineurs" jugeant ensemble jeunes majeurs et mineurs récidivistes de plus de 16 ans. Une mesure qui provoque un tollé chez les acteurs de la justice.
La responsabilité pénale maintenue à 13 ans
Le nouveau Code devrait par ailleurs inscrire dans le marbre le besoin d'une "réponse systématique à chaque acte de délinquance d'un mineur". La ministre le justifie, statistiques à l'appui, par le "constat objectif" d'une augmentation exponentielle de la délinquance juvénile. Ainsi, un acte de délinquance sur six serait le fait d'un mineur.
La proposition faite dans le rapport Varinard de fixer à 12 ans l'âge de la responsabilité pénale en France ne sera toutefois pas retenue. Cette idée, qualifiée à l'époque de "bon sens" par Rachida Dati, avait provoqué un tel tollé que le chef du gouvernement François Fillon l'avait définitivement enterrée en se déclarant dès décembre 2008 "totalement hostile à ce qu'on mette en prison des enfants de 12 ans".
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