Jean SarkozyLa cour d'appel de Paris a examiné jeudi l'action engagée par un automobiliste contre Jean Sarkozy, qu'il accuse de l'avoir percuté à scooter en 2005, avant de mettre sa décision en délibéré au 9 avril. Le fils aîné de Nicolas Sarkozy n'encourt plus aucune condamnation pénale, le parquet n'ayant pas fait appel de sa relaxe. Les magistrats de la 20e chambre n'auront à infirmer ou confirmer le jugement que sur la question des dommages et intérêts.
"L'affaire" remonte au 14 octobre 2005. M'Hamed Bellouti accuse le fils du président d'avoir percuté ce jour-là l'arrière de sa BMW avec son scooter, place de la Concorde à Paris, puis d'avoir pris la fuite. M'Hamed Bellouti dit avoir, avec un ami, relevé le numéro du deux-roues à l'aide d'un téléphone portable. Une version contestée par Jean Sarkozy qui dit avoir été en cours à ce moment précis. Au vu de deux expertises, qui concluaient que l'accrochage n'avait pu avoir lieu, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé le président du groupe UMP au conseil général des Hauts-de-Seine, le 29 septembre 2008. Mais surtout, le tribunal avait condamné la partie civile, M'Hamed Bellouti pour "procédure abusive" à verser 2.000 euros de dommages et intérêts à Jean Sarkozy.
Les magistrats de première instance avaient considéré qu'"en persistant à vouloir faire accréditer une thèse improbable soutenue sans réelle démonstration sérieuse et pertinente", M. Bellouti avait "nécessairement agi de mauvaise foi", et que son action avait "eu pour conséquence incontestable de porter préjudice" à Jean Sarkozy.
Mauvaise foi ?
Tout comme en première instance, les avocats de M. Bellouti, Me Christophe Launay et Philippe Lejard, ont dénoncé le caractère "non-contradictoire" des expertises, l'automobiliste n'ayant jamais été sollicité pour raconter sa version de l'accident. "C'est peu dire que M. Bellouti a été outré par les termes du jugement", a ensuite témoigné Me Launay, assurant que son client n'était "ni un menteur, ni un mythomane". D'ailleurs, s'est-il interrogé, "si M. Bellouti avait inventé toute cette histoire, comment aurait-il eu la plaque d'immatriculation du scooter de Jean Sarkozy?".
M. Bellouti "a dépassé les limites", lui a répondu l'avocat de Jean Sarkozy, en déplorant "la médiatisation à outrance de cette affaire". Si M. Bellouti, présent à l'audience, est resté silencieux, "il se réserve les sites internet pour cracher sur le père de celui que je défends", a pointé du doigt Me Thierry Herzog, en référence au chef de l'Etat. Me Herzog a demandé à la Cour de confirmer le jugement et réclamé, comme en première instance, 4.000 euros de dommages et intérêts que Jean Sarkozy s'est engagé à reverser à une oeuvre charitable. Un comité de soutien créé pour permettre à M. Bellouti de financer son combat judiciaire a recueilli plus de 7.000 euros de dons, a-t-on appris auprès de ce comité.
d'après agence
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