Affaire Kieffer : Simone Gbagbo entendue à Abidjan

le 23 avril 2009 à 11h44 , mis à jour le 23 avril 2009 à 20h50

Après l'audiention d'un ministre, l'épouse du président ivoirien devait être entendue jeudi à Abidjan par les juges français enquêtant sur la disparition en 2004 du journaliste Guy-André Kieffer.

Guy-Andre Kieffer © DR

Cinq ans après la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Keiffer, les juges français chargés de l'enquête, Patrick Ramaël et Nicolas Bot, devaient entrendre ce jeudi à Abidjan comme témoins Simone Gbagbo après le ministre d'Etat ivoirien chargé du Plan, Paul-Antoine Bohoun Bouabré. Ce dernier a été auditionné durant 4 heures. Une audition au cours de laquelle "les juges ont cherché un motif que le ministre aurait eu de vouloir éliminer Kieffer", mais M. Bohoun Bouabré "a souligné qu'il était complètement étranger à cette affaire", a affirmé Georges Kiejman, l'un des deux avocats français de la Première dame de la Côte d'Ivoire et du ministre.

Les auditions avaient "lieu à la Cour suprême" ivoirienne, a affirmé Georges Kiejman. C'est "une concession de la Première dame", qui exigeait initialement de témoigner "chez elle", mais qui "ne veut absolument pas que les juges puissent dire qu'ils n'ont pas pu l'entendre", a-t-il ajouté. Un peu plus tôt, l'avocat avait indiqué que l'audition de Simone Gbagbo risquait de ne pas se tenir, en raison d'une "impasse" concernant le lieu de l'audition.

Après n'avoir pas répondu à des convocations des magistrats à Paris, Simone Gbagbo et Bohoun Bouabré avaient accepté d'être entendus à Abidjan dans le cadre de l'enquête française. Arrivés dimanche soir dans le pays, les juges ont depuis procédé à une série d'auditions, dont certaines conditionnaient celles des deux personnalités ivoiriennes. Ils ont ainsi entendu mardi Patrice Baï, à l'époque chef de la sécurité de la présidence, mis en cause notamment par le beau-frère de Simone Gbagbo, Michel Legré, qui est depuis revenu sur ses déclarations.
 
Deux inculpations
 
Lors de sa disparition le 16 avril 2004, le journaliste indépendant enquêtait sur des malversations, notamment dans la filière cacao, principale richesse du pays. Guy-André Kieffer a été vu vivant pour la dernière fois un après-midi sur un parking de supermarché de la capitale économique ivoirienne alors qu'il avait rendez-vous avec Michel Legré. Son corps n'a jamais été retrouvé. Le beau-frère de Simone Bagbo est le seul inculpé dans ce dossier d'"enlèvement et séquestration en bande organisée" avec Jean-Tony Oulaï, soupçonné d'avoir dirigé le commando auteur de l'enlèvement.

Selon des sources proches du dossier, le chauffeur d'Oulaï, Berté Seydou, a rapporté aux magistrats instructeurs que son patron s'était entretenu au téléphone avec la Première dame au moment de l'enlèvement. L'intéressée a porté plainte en diffamation contre ce témoin vivant en France et visé depuis fin 2008 par un mandat d'arrêt international lancé par la justice ivoirienne. Dans son ouvrage autobiographique "Paroles d'honneur" (2007), Mme Gbagbo se défendait avec vigueur de toute implication dans cette affaire, fustigeant des "calomnies" diffusées par ses "ennemis". Les enquêteurs français ne soupçonnent pas le couple présidentiel ivoirien d'être lié directement à la disparition de "GAK", mais certains cadres du régime liés aux milieux économiques.

le 23 avril 2009 à 11:44
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1 Commentaires

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  • Danila, le 23/04/2009 à 15h33

    Mieux vaut tard que Jamais. Mais le jeu "ce n'est pas moi c'est lui " est bien connu et il dure longtemps.

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