Lors de l'audience du procès du Queen Mary 2, après l'accident de la passerelle qui a fait 16 morts en 2003 © TF1/LCILe procès en appel de l'effondrement de la passerelle du Queen Mary 2, qui avait fait 16 morts en 2003, a pris fin jeudi après-midi à Rennes avec les plaidoiries des avocats de la défense qui n'ont cessé de se renvoyer la responsabilité du drame. Ces avocats de la défense ont plaidé la relaxe pour les huit personnes physiques prévenues, conformément au jugement rendu en 2008 en première instance. Pour leurs avocats respectifs, le coordinateur d'ouvrage des Chantiers de l'Atlantique, entre autres, n'était "qu'un maillon (...) totalement étranger à la définition des spécifications de la passerelle", et le coordinateur logistique des Chantiers a pour sa part "rempli sans faillir les missions qui étaient les siennes".
Côté Endel, concepteur de la passerelle défectueuse, le coordinateur de travaux n'était "pas un homme-orchestre dont tout partait et vers qui tout revenait", et le chef de chantier, un "honnête homme", selon son défenseur, qui ne comprend "toujours pas ce qu'il fait là", n'ayant commis "aucune faute". Contre sept des huit salariés des Chantiers de l'Atlantique, constructeurs du paquebot, et de la société Endel, l'avocat général a requis des peines allant de 12 à 30 mois avec sursis, estimant qu'aux Chantiers comme chez Endel, ils avaient "gravement failli à leurs responsabilités" dans le contrôle de la passerelle.
Plus sévère que la peine infligée en première instance, le ministère public a requis contre les Chantiers et Endel (personnes morales) le maximum de l'amende prévue par la loi (225.000 euros), augmentée d'une contravention multipliée par le nombre d'infractions relevées (soit 82.500 euros), pour "blessures et homicides involontaires".
"Je prierai jusqu'à la fin de mes jours"
L'effondrement de la passerelle, qui reliait au quai le paquebot en cale sèche aux Chantiers, avait entraîné la chute de 45 personnes d'une hauteur de 18 mètres, faisant 16 morts et 29 blessés en novembre 2003. Après les plaidoiries de la défense, les représentants des personnes morales ont pris la parole, de même qu'un des prévenus.
"Cette catastrophe, nous nous en sommes tous sentis responsables. C'est une tâche ineffaçable, un drame pour ceux qui travaillent aux Chantiers", a déclaré Bruno Gamby, représentant des Chantiers de l'Atlantique, qui appartenaient alors à Alsthom. "La personne morale que je représente a assumé, assume et assumera toutes ses responsabilités", a affirmé pour Endel (groupe Suez) son président. Thierry Franck de Preaumont. Pour sa part, Marc Furic, responsable hygiène et sécurité aux Chantiers, a déclaré, la voix voilée par l'émotion: "Dès le premier jour, j'ai prié pour les victimes et je prierai jusqu'à la fin de mes jours". La décision a été mis en délibéré au 2 juillet.
(D'après agence)
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