Image d'archives © AbacaRoselyne Godard, l'une des acquittée d'Outreau n'a pas caché son indignation à l'annonce de cette sanction minimale. "La réprimande est une fausse sanction destinée à répondre à la pression de l'opinion publique. Je suis inquiète parce que s'il instruit d'autres dossiers, des innocents risquent encore de finir dans les geôles de la République", a-t-elle déclaré, en dénonçant le "corporatisme des magistrats qui s'autoprotègent". "En terme d'opinion publique, c'est dramatique parce que si vous avez un avertissement pour le plus grand fiasco judicaire de ces dernières décennies, alors tout est permis", a également estimé Eric Dupont-Moretti, l'avocat de plusieurs des acquittés.
Un avancement pour le juge Burgaud ?
Fabrice Burgaud, tristement célèbre depuis l'affaire d'Outreau, est proposé au tableau d'avancement des magistrats parisiens. Il avait été sanctionné en avril d'une "réprimande" pour son instruction contestée.
Publié le 18/02/2010
Du côté de la défense du juge Burgaud, on critique également la décision du Conseil supérieur de la magistrature mais pour d'autres motifs. Cette décision a été prise sur "injonction politique", a estimé l'un des avocats du magistrat, Me Patrick Maisonneuve. "Fabrice Burgaud est profondément déçu", a-t-il ajouté, confirmant son intention de déposer contre cette sanction un recours devant le Conseil d'Etat. "On ne pouvait que retenir l'absence de manquement et de faute professionnels mais il y a eu injonction politique (...) C'est une décision de compromis que nous n'acceptons pas", a-t-il dit. "Le président de la République s'est encore prononcé il y a quelques jours sur la responsabilité des magistrats. Si vous n'appelez pas cela une pression,
les mots n'ont plus de sens", a-t-il lancé.
A Nice, Nicolas Sarkozy avait annoncé mardi la mise en place prochaine de la réforme du CSM votée l'an dernier, prévoyant notamment une mise en minorité des magistrats au sein de cette instance pour mettre un terme aux soupçons "d'impunité" et de "corporatisme" des juges.
"Il ne faut pas faire d'amalgame. Les magistrats font un travail remarquable, mais les Français ont été choqués d'un certain nombre de dysfonctionnements", avait dit le président, ajoutant : "je ne laisserai pas des affaires comme Outreau sans réponse".
(D'après agence)
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