Image d'archivesLe légionnaire français, d'origine brésilienne, accusé d'avoir tué le 7 avril dernier au Tchad deux autres légionnaires français, un militaire togolais et un paysan tchadien, a été mis en examen vendredi soir pour "assassinat" s'agissant des deux légionnaires et pour "meurtre" s'agissant des deux autres, a-t-on appris auprès de son avocat, maître Eric Morain. Il a été placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de la Santé dans la nuit.
Soldat de deuxième classe de la Légion étrangère, l'homme de 27 ans avait été arrêté le 9 avril par la gendarmerie tchadienne alors qu'il tentait de se ravitailler en eau après 48 heures de fuite dans la région aride d'Abéché. Il avait été remis lundi soir par les autorités tchadiennes à la gendarmerie militaire française d'Abéché, avant son transfert en France vendredi.
"Il regrette, mais il donne des explications à son geste"
Selon maître Eric Morain, son client "qui regrette ce qui s'est passé" est loin d'avoir eu un "coup de folie". "L'institution militaire a communiqué immédiatement après les faits en parlant de coup de folie alors que ce n'est manifestement pas le cas. Mais cela permettait sans doute d'enterrer un débat sur l'ambiance réelle existant au sein de nos armées en opérations extérieures et en particulier à la Légion", déclare-t-il sur LCI.fr. L'avocat, qui a pu s'entretenir avec son client vendredi soir, parle d'un jeune homme au "discours très cohérent". "Il donne des explications à son geste, lié à l'ambiance exécrable régnant sur place. Mon client était victime de brimades, de violences et de harcèlement qui ont atteint leur paroxysme le 7 avril dernier. Ce jeune homme, chrétien évangélique, est très croyant et cela a entraîné de nombreuses moqueries car il refusait de boire de l'alcool avec les sergents et les caporaux qui allaient se saoûler à Abéché le soir ou qui allaient voir les filles".
C'est un "homme intègre" qui aidait financièrement sa famille, avait expliqué la soeur du légionnaire le 9 avril sur la chaîne d'information brésilienne Globo News. Elle avait ajouté que son frère était "comme harcelé" par ses camarades de la Légion. Le légionnaire avait passé "un examen psychologique lors de son intégration" dans l'armée française en février 2007 et "tous les examens psycho-techniques ne démontraient aucun problème particulier", avait rapporté le 8 avril le ministre de la Défense, Hervé Morin. Il avait toutefois été sanctionné pour "absence irrégulière" lors d'une mission à Djibouti.
Le légionnaire et ses deux collègues tués, un sergent de 30 ans d'origine guinéenne, marié et père d'un enfant, et un légionnaire de 1ère classe d'origine roumaine, célibataire, appartenaient au 2e régiment étranger d'infanterie de Nîmes. Les corps des deux victimes avaient été transférés en France dans la nuit du 9 au 10 avril.
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