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- La mère de Youssouf Fofana huée
-La réaction de l'avocat de la famille Halimi -L'interview sur LCI radio du président de l'Union des etudiants juifs de France - Le portrait de Fofana - Retour sur la première journée d'audience |
C'est un Youssouf Fofana provoquant qui s'est présenté ce matin dans le box des accusés de la cour d'assises des mineurs de Paris. Le cerveau présumé du gang des barbares a fait un signe à la salle où avaient pris place la famille et les proches de la victime, puis a regardé le ciel avant de lancer un "Allah vaincra!". Lors de l'interrogatoire formel d'identité par la présidente, l'accusé, portant la barbe et vêtu d'un survêtement blanc, a déclaré s'appeler "Africaine armée barbare révolution salafiste".
Interrogé sur sa date de naissance, il a dit être né le 13 février 2006 à Sainte-Geneviève-des- Bois (Essonne), jour et lieu de la mort d'Ilan Halimi. La présidente n'a pas relevé. L'accusé, souriant, s'est rassis et semblait ensuite prier à voix basse. A l'extérieur de la cour, des groupes de jeunes ont scandé "Ilan, justice !" et provoqué de petites échauffourées. Cette affaire, qui avait suscité un vif émoi en France, fut à la fois emblématique des violences dans les banlieues et d'un antisémitisme dénoncé par la communauté juive nationale.
Procès à huis clos
Le procès se déroulera à huis clos jusqu'au 10 juillet, deux accusées étant mineures au moment des faits, malgré l'opposition de la mère d'Ilan Halimi qui souhaitait la publicité des débats. La défense de Youssouf Fofana avait également demandé un procès public mais elle a fait volte-face au début des débats et s'en tient donc au huis clos. Les auditions des accusés, de 162 témoins et 50 experts programmées se tiendront donc sans public et sans presse.
Dix-neuf accusés comparaîtront détenus, et neuf jeunes filles figurent parmi les accusés. Ces jeunes Français, pour certains d'origine maghrébine, portugaise, ou africaine étaient chômeurs ou étudiants. Ils sont jugés pour avoir participé à l'enlèvement, avoir servi de "geôliers", ou avoir gardé le silence sur la séquestration.
Ilan Halimi, 23 ans, avait été enlevé le 20 janvier 2006 à Sceaux (Hauts-de-Seine), où il avait été attiré dans un guet-apens par une jeune fille servant d'"appât". Après de vaines négociations avec sa famille pour une rançon de 450.000 euros et une séquestration très violente de trois semaines émaillée de tortures dans une cave d'immeuble, il avait été retrouvé agonisant le 13 février près d'une gare de l'Essonne. Ilan Halimi était décédé lors de transfert à l'hôpital. Devenu un symbole pour la communauté juive, Ilan Halimi a été inhumé à Jérusalem en février 2007 lors d'une cérémonie à laquelle assistait le grand rabbin de France Joseph Sitruk.
"C'est un être humain"
Youssouf Fofana, 28 ans, Français d'origine ivoirienne, est considéré comme le chef du gang. Il reconnaît avoir été l'instigateur de l'enlèvement mais nie être l'auteur unique de l'assassinat, commis à coups de couteau, comme le soutient l'accusation. Il encourt la réclusion à perpétuité. "C'est un être humain qu'on va juger. M. Fofana est maltraité par une campagne de marketing politique et religieux, il doit pouvoir parler", a déclaré l'un de ses avocats, Isabelle Coutant-Peyre, à des journalistes.
La circonstance aggravante de l'antisémitisme a été retenue à son encontre et envers un autre accusé, malgré l'opposition initiale du parquet de Paris qui estimait alors que le mobile du crime était seulement crapuleux. Neuf femmes figurent parmi les accusés.
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"Gang des barbares" : quand l'appât fait tomber un directeur de prison
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