Ils ont failli à leur "mission de contrôle"

le 01 avril 2009 à 17h00 , mis à jour le 01 avril 2009 à 17h06

L'avocat général a requis mercredi en appel la condamnation des Chantiers de l'Atlantique et de la société Endel et des peines de prison avec sursis contre sept de leurs salariés.

queen mary 2 procèsLors de l'audience du procès du Queen Mary 2, après l'accident de la passerelle qui a fait 16 morts en 2003 © TF1/LCI

L'avocat général a requis mercredi en appel la condamnation des Chantiers de l'Atlantique et de la société Endel et des peines de prison avec sursis contre sept de leurs salariés, pour l'effondrement d'une passerelle du Queen Mary 2 qui avait fait 16 morts en 2003.  Pour l'avocat général Jean-Luc Desport, les Chantiers de l'Atlantique, qui avaient organisé la visite du paquebot alors en cours de finition à Saint-Nazaire, et Endel, filiale du groupe Suez, qui avait construit la passerelle défectueuse, sont coupables de blessures et homicides involontaires. Il a requis le maximum de l'amende prévue par la loi contre chacune des deux sociétés, augmentée d'une contravention multipliée par le nombre d'infractions relevées.
 
Contrairement au tribunal de Saint-Nazaire qui, en première instance, avait acquitté les huit salariés des deux entreprises mis en examen dans cette affaire, l'avocat général n'a exempté de responsabilité qu'un seul des huit salariés. Contre les sept autres, Jean-Luc Desport a requis des peines allant de 12 à 30 mois avec sursis. "Vous avez failli à cette mission de contrôle (...) Chez Endel comme aux Chantiers, on ne contrôle rien, on fait confiance", a stigmatisé l'avocat général. "Ce ne sont pas des assassins. Ils n'ont pas voulu que le drame survienne mais ils ont gravement failli à leurs responsabilités", a-t-il dit à propos des salariés mis en cause.
 
"Cataclysme"
 
Avant de prononcer ses réquisitions, l'avocat général avait eu un mot pour les familles des victimes: "Il n'est pas besoin d'être nazairien (...) pour mesurer le cataclysme qui a été le vôtre". "Face à ce que j'appelle un cataclysme, la justice peut et doit vous apporter quelque chose dans la mesure de ses moyens même si elle est imparfaite", a-t-il dit, alors que près d'une centaine de parties civiles sont représentées au procès.
 
L'effondrement de la passerelle du Queen Mary 2, qui avait entraîné une chute de 18 mètres d'une cinquantaine de personnes, avait fait 16 morts et 29 blessés en novembre 2003. Les victimes étaient à la fois des familles et amis des cadres des Chantiers venus visiter le navire avant sa livraison à son propriétaire, la compagnie Cunard, ainsi que des salariés d'une entreprise de nettoyage assurant la préparation du paquebot avant sa première croisière. Ouvert lundi 23, le procès devrait s'achever jeudi soir ou vendredi avec les plaidoiries de la défense. La décision sera mise en délibéré.

 

(D'après agence)

le 01 avril 2009 à 17:00
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