© TF1Suzanne Blanch-Viguier, professeur de danse de 39 ans, a disparu le 27 février 2000. Depuis, aucune nouvelle, aucune trace d'elle - ni vivante, ni morte. Le dernier témoin à avoir vu cette mère de trois enfants semble être un ami (en fait, son amant) qui l'avait raccompagnée à son domicile vers 4h30 après une partie de cartes. Tous deux s'étaient alors promis de se rappeler le jour-même au téléphone - une promesse jamais tenue. Trois jours plus tard, et sur l'insistance de l'amant de sa femme, Jacques Viguier, professeur de droit, signalait la disparition. Un retard qu'il expliquait par le fait que chacun, dans le couple, vivait sa vie de son côté, que mari et femme faisaient chambre à part et qu'il était déjà arrivé à la disparue de s'absenter sans explication.
Jacques Viguier apparaît, depuis des années, comme le principal suspect de la disparition de sa femme, et il devra répondre de meurtre lundi après-midi devant la cour d'assises de Haute-Garonne. La thèse de l'accusation est celle du crime passionnel. Mis en examen et écroué dès le mois de mai 2000 en raison "d'incohérences et d'incertitudes" dans ses explications et sur la foi d'expertises scientifiques, il a déjà effectué neuf mois de détention provisoire. Il comparaîtra toutefois libre à l'audience.
Des traces d'ADN et un mystérieux coup de fil
Les problèmes relevés dans l'enquête et ayant conduit à la mise en cause de Jacques Viguier sont, tout d'abord, la disparition du matelas du canapé sur lequel dormait la disparue. Son époux affirme l'avoir jeté dans une déchetterie mais il n'a jamais été retrouvé. De l'ADN mélangé des deux époux a aussi été décelé dans des taches de sang découvertes sur du linge de maison, mais Jacques Viguier les explique par d'anciennes blessures. Enfin, l'accusation relève un mystérieux coup de fil passé du domicile à une heure où il certifie qu'il faisait un jogging. Des éléments suspects mais qui ne constituent pas pour autant de preuves formelles.
Le renvoi aux assises de ce professeur de l'université de Toulouse I pour "homicide volontaire" avait été ordonné une première fois en janvier 2005, mais il avait fait appel et un supplément d'information avait été ordonné. En février 2007, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse l'avait définitivement renvoyé devant la cour d'assises, Jacques Viguier ayant finalement renoncé à se pourvoir en cassation.
Mais Jacques Viguier a toujours affirmé être étranger à cette disparition : "Je n'ai cessé de proclamer mon innocence et de réclamer une instruction prenant en compte l'ensemble des éléments du dossier au lieu de s'exercer de manière unilatérale", avait-il écrit dans un communiqué de mars 2007. Les audiences sont prévues durant deux semaines et le verdict est attendu le 30 avril.
Avec agence
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