rapport Amnesty international, avril 2008, sur les violences policières en France Lire le rapport d'Amnesty International, cliquez ici
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| Abdelhakim Ajimi est mort le 9 mai 2008 après avoir été maîtrisé par des policiers lors de son arrestation à Grasse. Les deux policiers soupçonnés d'être impliqués dans cette affaire n'ont pas été mis en examen et continuent de travailler dans la ville. L'enquête se poursuit... |
De fait, très peu sont traduits devant les tribunaux. En France la justice est indépendante, mais cette indépendance est relative. Sans compter la lenteur excessive de celle-ci dans le traitement de ces plaintes. Il faut généralement des années et des trésors d'ingéniosité de la part des avocats de la défense pour apporter eux-mêmes des éléments à l'enquête, car trop souvent des dossiers ou des preuves sont égarées. Nous pensons que les autorités françaises doivent mettre en place un organe d'enquête indépendant pour traiter ces plaintes.
Lci.fr : D'après votre rapport, les policiers se livreraient de plus en plus à des "représailles" contre certaines victimes de policiers...
P.D. : Nous avons effectivement reçu ces dernières années un nombre important et croissant de plaintes de particuliers assurant avoir été victimes de représailles sous la forme de plaintes pour "outrage" ou "rébellions" de la part des policiers qu'ils accusaient de mauvais traitement. Les magistrats interrogés par Amnesty le constatent aussi et certains reconnaissent qu'ils ont tendance à accorder naturellement plus de crédit au détenteur de l'autorité publique.
La Commission nationale de déontologie et de sécurité (CNDS) a dénoncé une autre situation, complémentaire, qui est l'augmentation des plaintes de policiers pour "dénonciation calomnieuse" contre des citoyens qui allèguent de violences. Nous dénonçons ces pratiques qui peuvent exercer une dissuasion très forte sur les personnes qui essaient d'obtenir réparation en justice.
| Abou Bakari Tandia, Malien en situation irrégulière est mort en garde à vue au commissariat de Courbevoie après être tombé dans le coma en décembre 2004. Les policiers affirment qu'il s'est jeté contre un mur, ce que conteste la famille qui a dû porter plainte pour "destruction de preuves" pour avoir accès au dossier médical |
P.D. : Certes, toutes les plaintes déposées contre la police ne sont pas toutes fondées. Et certes, il existe des sanctions, mais il est très difficile d'obtenir ces chiffres et aucun détail n'est fourni sur la nature des plaintes reçues par ces services d'inspection interne. En outre, au vu de l'écart important entre le nombre de plaintes reçues et le nombre de sanctions disciplinaires prises, on peut là aussi s'interroger sur l'exhaustivité et l'impartialité des enquêtes.
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Une des recommandations de notre rapport est la publication de statistiques régulières et exhaustives. Les rapports d'activité de ces services internes d'inspection comme l'IGPN devraient également être publiés dans leur intégralité pour inciter à plus de transparence. Le ministère de l'Intérieur nous a fait savoir qu'il étudiait la question.
LCI.fr : Vous pointez également du doigt la dimension raciste de certaines affaires.
P.D. : Il ressort en effet que la grande majorité des plaintes dont Amnesty a eu connaissance concernent des ressortissants étrangers ou des Français appartenant à une minorité visible. Nous avons également beaucoup de témoignages de citoyens qui disent avoir fait l'objet d'insultes à caractère racistes au cours de leur interpellation ou de leur garde à vue. Est-ce volontairement raciste ? C'est difficile à dire. En tout cas cela pose problème. Nous avions déjà fait ce constat dans notre rapport de 2005. Il y a une inquiétude forte et croissante sur cette possible existence de discrimination.
REACTIONS
| "Il y a systématiquement des enquêtes" |
| Didier GUILLAUME, porte-parole de la Chancellerie Cliquez ici pour lire la suite |
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