Coupat libre, la gauche dénonce un "fiasco"

le 29 mai 2009 à 07h17 , mis à jour le 29 mai 2009 à 11h18

Montebourg demande la démission de la ministre de l'Intérieur et les Verts une commission d'enquête parlementaire. Alliot-Marie rappelle que Coupat "demeure sous contrôle judiciaire strict".

prison santé paris coupatUne des entrées de la prison de la Santé à Paris © TF1/LCI

C'est dans la plus grande discrétion, dans le coffre d'une voiture, que Julien Coupat a quitté jeudi sa cellule pour retrouver la liberté. Une libération en catimini qui n'a pas empêché une volée de bois vert de la gauche pour le gouvernement. Alors que Nicolas Sarkozy a, à dix jours des Européennes, consacré un long discours à l'insécurité, gauche et Verts ont multiplié les dénonciations de "dérives". 

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"Sept mois de prison infligés à un innocent pour faire monter une sauce politicienne au goût infect, dans n'importe quel pays démocratique, cela vaut une démission", a lancé le député Arnaud Montebourg, à propos du cerveau présumé d'un groupe soupçonné de sabotages de lignes TGV. Pointant une "manipulation" et une "justice d'exception", le Verts Noël Mamère a annoncé la demande imminente d'une commission d'enquête parlementaire. L'affaire, à ses yeux, montre "le vrai visage du sarkozysme". L'altermondialiste José Bové, tête de liste Europe-Ecologie, accuse également Michèle Alliot-Marie d'une "sorte de coup médiatique organisé" pour "essayer de construire une espèce de complot de l'ultragauche".

"Les charges ne doivent pas être très lourdes"

André Vallini, député socialiste et ancien président de la commission Outreau, pressent que "la justice, et le pouvoir qui a tenté de l'instrumentaliser, s'acheminent ensemble vers un fiasco politico-judiciaire". Présidente du groupe communiste et Parti de gauche au Sénat, Nicole Borvo Cohen-Seat juge également que "cette affaire tourne au véritable fiasco". Bernadette Bourzai, sénatrice PS de Corrèze, où est situé Tarnac, village de Julien Coupat, évoque "le vide du dossier". Deux affaires coexistent à ses yeux : "celle du sabotage des lignes de TGV, sur laquelle la justice aura à se prononcer", et "celle de la longue détention d'un citoyen sous une qualification sans rapport avec le contenu du dossier et de la stigmatisation d'une région".

Le PS demande donc des éclaircissements. "Il faudra bien que le gouvernement s'explique sur les raisons d'un tel acharnement à faire de l'antiterrorisme le prétexte à toutes les dérives, jusqu'à ranger les opinions d'un individu au rang de délit", écrit Pouria Amirashi, secrétaire national aux droits de l'homme. "Julien Coupat est-il coupable ou le gouvernement a-t-il fait preuve de légèreté, voire de manipulation ?", s'interroge le parti.

En mode mineur, l'ex-juge d'instruction Eva Joly, candidate d'Europe-Ecologie aux européennes, conclut de la libération, "que les charges ne doivent pas être très lourdes". Comme en réponse à l'ancienne magistrate, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a estimé quant à elle que la remise en liberté de Julien Coupat s'inscrivait dans une "procédure normale". Et elle a rappelé qu'il "demeure sous contrôle judiciaire strict" et que "cela signifie quelque chose". Sur un plan plus politique, face aux critiques de la gauche, la riposte du porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a fusé : "instrumentaliser ce qui n'est qu'une étape de l'instruction pour faire croire à l'innocence de Coupat est totalement irresponsable, d'autant que cela n'est fait qu'à des fins électoralistes".

D'après agence

le 29 mai 2009 à 07:17
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27 Commentaires

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  • Sandy, le 02/11/2009 à 19h22

    Monsieur de Montaubourg, mettriez vous vôtre main à couper pour prouver que J. Coupat est innocent?????

  • Olivier, le 29/05/2009 à 14h31

    Pauvre petit, ce Coupat !! Mais qu'on arrête de lui faire des misères ! Tout le monde sait qu'il est charmant ce garçon !!

  • Brice, le 29/05/2009 à 12h37

    Si un jour cette droite hautaine, arrogante et incompétente à régler des problèmes simples, arrive à autre chose qu'un fiasco, surtout qu'elle ne se gêne pas. Il y à 80% des Français qui attendent ce moment avec impatiente. Le 7 juin, ce sera aussi un autre fiasco de plus pour elle.

  • Philippe, le 29/05/2009 à 12h32

    @Lidole de Biarritz, personne ne pose la question, car il y avait eu d'autres incidents même après l'arrestation de Coupat...

  • Guy, le 29/05/2009 à 12h31

    Beaucoup ici s'offusquent et traitent Coupat de "coupable" simplement parceque durant sa détention il n'y a plus eu d'attentats, je trouve cette déduction un peu naîve et inquiétante. Je vous rappelle que pour l'instant (ça changera peut etre au train ou on va mais...) un citoyen est présumé innocent tant que sa culpabilité n'a pas été établie et reconnue par un tribunal. A bon entendeur.....

  • Ben, le 29/05/2009 à 12h18

    à Atome, Chinon : sait tu que le boulot de la justice n'est pas d'enfermer les gens, puis de leur trouver des motifs d'incarcération, mais que cela doit avoir lieu dans l'autre sens ?

  • Milou, le 29/05/2009 à 12h11

    La présomption d'innocence est un beau principe que j'admire avec le plus grand respect . Sur le plan pratico-pratique on estbien obligé d'admettre que lorsque la police vous interroge sur votre emploi du temps c'est bien qu'elle présume que vous pourriez bien être coupable de quelque chose . Ou alors c'est qu'ils ont du temps à perdre .

  • BL, le 29/05/2009 à 11h38

    Un manque de preuve évident, un témoin sous X déja condamné pour dénonciation calomnieuse. Cela rend vraiment cette affaire ridicule;

  • Chrismary, le 29/05/2009 à 11h14

    Toujours là la droite.....à critiquer.la gauche .

  • Atome, le 29/05/2009 à 10h41

    SI l'on n'a rien à lui reprocher, pourquoi l'assigner à résidence???Sinon pourquoi l' avoir relaché ??? Peut être cherche t'on encore des preuves pour d'autres délits, alors arreter tout le monde, on finira bien par trouver une infraction quelque part !

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