Des salariés veulent participer au procès Kerviel

Par , le 25 mai 2009 à 18h31 , mis à jour le 25 mai 2009 à 22h00

Cinq salariés souhaitent se constituer partie civile, distinctement de leur employeur, dans le prochain procès en correctionnel du trader Jérôme Kerviel. Ils reprochent à la banque de ne pas avoir effectué les contrôles nécessaires pour éviter l'évaporation de 5 milliards d'euros.

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L'inteview de Maître Daniel Richard
 
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  • Dans la peau de Jérôme Kerviel

    Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le trader, de ses pensées les plus intimes au contenu de son réfrigérateur.

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Albert Minéo, 58 ans, travaille depuis 39 ans comme conseiller bancaire dans un centre administratif de la Société générale à Marseille. Avec quatre autres collègues il a pris un avocat afin de se constituer partie civile dans le cadre du procès en correctionnelle de Jérôme Kerviel, le trader suspecté d'avoir fait perdre 4,9 milliards d'euros à sa banque en fraudant. Comme de nombreux salariés, Albert Minéo a investi durant des années sur son Plan épargne entreprise en prévision de sa retraite. « Depuis l'affaire Kerviel, l'action a chuté. J'ai personnellement perdu 60% de mon épargne, soit l'équivalent de 3 ans de revenus. Avec mes collègues, nous ne sommes pas des justiciers mais nous voulons comprendre ce qui s'est passé». « Nous avons constaté qu'entre le 15 mai 2007 et le 21 janvier 2008, date à laquelle l'affaire Kerviel a été révélée au grand public, il y a eu plusieurs opérations importantes sur le titre, explique l'employé marseillais. Nous voulons savoir qui pouvait avoir connaissance de cette situation et quelles personnes, avisées de cette situation, ont pu en profiter ».
 
Daniel Richard, leur avocat, vient de saisir la cour d'appel de Paris. Une première demande de constitution de partie civile, faite auprès du juge Van Ruymbeke, en charge du dossier, avait été rejetée le 30 avril, le juge estimant qu'ils étaient déjà représentés par la plainte déposée par la Société générale. «Au contraire, mes clients ne s'estiment pas représentés dans le dossier, leur intérêt n'est pas le même », explique l'avocat, spécialisé dans la défense des particuliers contre leurs banques. «Dans cette affaire, Kerviel a ses responsabilités, mais la direction générale ne peut se dédouaner pour autant. D'ailleurs, toute la chaîne décisionnaire a démissionné ou a été démissionnée, ce qui prouve que tous les contrôles qui auraient du être mis en œuvre ne l'ont pas été, et qu'ils ont été à l'origine de cette fraude massive ».
 
Les plaignants estiment subir un double préjudice suite à cette affaire. Le premier préjudice est que l'action, donc leur complément retraite, a dégringolé. «Au 15 mai 2007, l'action valait 154 euros, juste avant l'affaire Kerviel elle valait encore 93 euros, et aujourd'hui elle est tombée à 40 euros, argumente Me Richard. Le second préjudice est plus d'ordre moral. « Depuis cette affaire, mes clients sont quotidiennement victimes d'incivilités. Ils vont au travail à reculons. Par exemple au service succession, ils se font traiter de voleurs s'ils ne libèrent pas les fonds assez rapidement. On leur dit qu'ils ne sont même pas capable de contrôler 5 milliards d'euros alors qu'eux-mêmes sont constamment très contrôlés ». En se constituant partie civile, poursuit l'avocat, « mes clients veulent exprimer leur ras-le-bol », peut-être au péril de leur emploi. 

Par Alexandra Guillet le 25 mai 2009 à 18:31
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6 Commentaires

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  • BZZ, le 26/05/2009 à 18h36

    Egoiste ! Enfin un employé qui ose demander des explications à une poignées de dirigeants. Il est certainement comme le mari de Lucie : agressé par des clients mécontents (et qui n'ont pas tort), pressé par sa hiérarchie et surveillé sur ses opérations, avec une épargne disparue, perdant de son intégrité à cause d'autres personnes. Alors comme ceux qui ont le courage de séquestrer leur patron, il ose leur demander la vérité. Ho! il ne compte certainement pas gagné mais il veut faire savoir que 39 ans de travail et de fidélité, ne font pas de lui un con sans le sou et sans fierté. Lucie, si tous les employés le suivaient.... Mais Ce n'est qu'un rêve..............................

  • Alain, le 26/05/2009 à 13h38

    Je rappeler uniquement que Mr Kerviel n'eatit pas simple employé de banque.. il etait TRADER, ce qui n'a absolument rien a voir avec un simple employé d'agence...

  • Lucie, le 26/05/2009 à 08h49

    Mz de Lyon, je suis femme de conseiller de clientèle à la société générale. J'ai la peur au ventre tous les jours qu'il y ait un braquage... mon mari et tous ses collègues subissent la pression de leurs supérieurs tous les jours pour effectuer des objectifs toujours plus élevés et tout ça pour quoi... pour un salaire en baisse puisque les conseillers de clientèle ne sont plus comissionés... Nous aussi on a perdu 60% de notre épargne. Alors maintenant ça suffit de taper sur les banquiers qui ne font QUE leur travail. Comme dans TOUTES les professions vous avez des gens qui font leur travail consciencieusement et d'autres pas. Beaucoup que ne vous refourgient pas toute sorte de produits bancaires mais qui font leur métier de conseiller! Mon mari passe ses journées à remplir les déclaration d'impôts de ses clients. Les conseillers sont tout en bas de l'échelle et n'ont rien à voir avec les grands pontes qui eux oui se remplissent les poches... Mais oui, il faut taper sur les conseillers c'est beaucoup plus facile et plus accessible. N'oubliez pas que derrière chaque personne il y a une vie, une famille, des états d'âmes. On ne parle pas assez des suicides en milieu bancaire, du harcèlement moral. A part le fait de la peur du braquage la peur de la dépression est omniprésente. Et crois moi que mon employé de banque de mari "travaille à mort lui aussi" pour ne rien avoir aussi... Merci d'être tolérant et surtout MOINS EGOISTE...

  • HELIA94, le 25/05/2009 à 21h48

    Que veut dire bosser a mort pour rien?

  • PatJ33, le 25/05/2009 à 20h25

    J'ai été employé de banque puis ensuite travailleur indépendant. L'herbe est toujours plus verte dans le pré d'à côté, mais penser que c'est forcément mieux ailleurs est bien sûr largement naïf.

  • Mz, le 25/05/2009 à 18h57

    Ah les pauvres employés de banques! On croit rêver, qu'ils deviennent travailleurs indépendants, ils verront ce que c'est que de bosser à mort pour ne rien avoir

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