
Les parents d'Ilan Halimi, ce jeune juif enlevé, séquestré et assassiné par le Gang des Barbares en 2006, ont fait part de leurs interrogations sur l'enquête de police mercredi au procès de l'affaire. Selon des avocats de la défense et un représentant du parquet ayant assisté à l'audience, qui se tient à huis clos, Didier Halimi, le père du jeune homme, a fixé un à un les 27 accusés, dont le meurtrier présumé de son fils, Youssouf Fofana. "Quand je les regarde, je ne ressens pas de haine, mais seulement une immense tristesse", a-t-il dit. La mère d'Ilan Halimi, Ruth, a déclaré de son côté : "Il faudrait pouvoir comprendre ce qui, dans l'éducation de ces jeunes hommes, a permis qu'on en arrive là". Elle a estimé que les tortures et sévices subis par son fils mort à 23 ans étaient "sans précédent depuis la Shoah". Cette affaire est une "tache sur la France" pour Ruth Halimi.
Coutumier des provocations antisémites depuis l'ouverture du procès, Youssouf Fofana n'a rien dit lors de ces dépositions. Didier Halimi, qui avait mené les négociations avec Youssouf Fofana pendant les 24 jours de la séquestration d'Ilan, a également estimé mercredi que la stratégie de la "psychologue" et des négociateurs de la police, qui lui ont demandé de tenir la dragée haute à son interlocuteur, a amené une escalade de la violence qui a "conduit à la mort" de son fils. Des accusations que la police nie depuis l'affaire et le début du procès, expliquant qu'elle avait tout mis en oeuvre avec l'idée de sauver la vie d'Ilan Halimi. Avant l'ouverture du procès, la mère d'Ilan avait déjà mis en cause la police dans un livre, expliquant que la police a négligé l'aspect antisémite du rapt et commis plusieurs erreurs, comme la non diffusion du portrait-robot d'une suspecte ou l'absence de diffusion suffisante des informations aux commissariats locaux.
Ilan Halimi avait été enlevé le 20 janvier 2006 à Sceaux, où il avait été attiré dans un guet-apens par une jeune fille servant d'appât. Il a été détenu nu, aveuglé et entravé durant 24 jours dans un logement puis une cave d'un immeuble de banlieue. Après de vaines négociations avec sa famille, qui avait prévenu la police, pour obtenir une rançon de 450.000 euros, il a été tondu, poignardé et brûlé à l'essence, puis abandonné près d'une gare RER dans l'Essonne. Il est mort à l'hôpital. Le procès doit se poursuivre jusqu'au 10 juillet. Les principaux accusés, dont Youssouf Fofana, encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
(D'après agence)
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