© REUTERSLe blocage des prisons, pour la deuxième journée consécutive, a été marqué mardi par des interventions "musclées" des forces de l'ordre qui ont alourdi le climat des discussions entre la Chancellerie et les syndicats. Les négociations, entamées vers 10 heures du matin, se sont poursuivies jusqu'en soirée sans qu'un accord semble devoir se concrétiser entre les trois principaux syndicats (Ufap, FO et CGT) réunis en "entente" et le cabinet de la garde des Sceaux.
"La mobilisation est d'ores et déjà maintenue" pour mercredi, a déclaré devant la presse Jean-François Forget, de l'Ufap-Unsa, s'exprimant à l'issue d'une longue journée de réunion au cabinet de la garde des Sceaux, qui a présenté aux syndicats un "relevé de conclusions" que ceux-ci ont décidé de soumettre aux personnels dès mercredi. "On est mitigé, satisfaits non, nous avons un relevé de conclusions, nous allons le transmettre aux personnels et c'est eux qui vont se prononcer dès demain", a affirmé Christophe Marquès, de FO. "Ils n'ont pas l'air d'entendre les personnels, ils sont frileux", a ajouté Jean-François. Et pour Céline Verzeletti, de la CGT, "c'est insuffisant, en terme d'emplois il n'y a rien !".
L'appel à la mobilisation maintenu pour mercredi
Pour les syndicats, jusqu'à présent, le compte n'y est pas. Ils insistent pour obtenir plus d'effectifs "car on ne peut plus continuer à subir plus de 10.000 détenus en trop dans les prisons françaises", a expliqué Christophe Marquès. Ils réclament aussi un "accompagnement" social des 24.300 surveillants, en proie à "un ras-le-bol général" et dont dix ont mis fin à leurs jours depuis le 1er janvier. "La pénitentiaire est à l'agonie et on ne va pas la soigner en deux heures. Il faut que les copains restent mobilisés", a insisté Christophe Marquès.
Rachida Dati, qui s'est jointe pendant une heure aux discussions, a pourtant affirmé dans l'après-midi à l'Assemblée que des "avancées majeures" avaient été proposées. Elle a cité la création d'un bureau d'aide sociale ainsi que "des augmentations d'effectifs, notamment la nuit dans les petits établissements pénitentiaires". Sur les 1264 créations d'emploi prévues en 2009, 177 devraient revenir en priorité aux 60 plus petites prisons (sur 194). Les "modalités de contrôle des arrêts maladie", durant lesquels les primes sont supprimées, devraient également être modifiées, a promis la Garde des Sceaux. En outre, les surveillances spéciales des détenus jugés potentiellement suicidaires devraient être revues. Mais il faut mettre en parallèle de ces promesses la fermeté du ministre du Budget Eric Woerth, qui a pour sa part exclu toute nouvelle augmentation des crédits de l'Administration pénitentiaire.
Et pendant que se déroulaient ces discussions difficiles, la situation est restée tendue mardi sur le terrain. Alors qu'en région les accès des prisons ont été dégagés sans heurts, il y a eu des interventions "musclées" pour dégager les barrages en région parisienne. Les forces de l'ordre ont usé parfois de gaz lacrymogènes et de matraques à Fleury-Mérogis (Essonne), Fresnes (Val-de-Marne), Bois-d'Arcy (Yvelines) ou à la Santé à Paris. Pour Céline Verzeletti, "il est scandaleux que le gouvernement traite le conflit de cette manière".
D'après agence
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