Le "blocage progressif" des prisons par les personnels pénitentiaires a débuté tôt lundi matin par des actions symboliques, notamment devant les deux grandes prisons parisiennes : Fleury-Mérogis et Fresnes. Les surveillants, qui protestent contre des conditions de travail qui se dégradent en raison de la surpopulation, n'ont pas le droit de faire grève ; ils entravent donc les accès aux prisons par des barrages routiers et tentent d'empêcher l'entrée et la sortie des enceintes.
Les gendarmes mobiles ont délogé dans la matinée les manifestants des deux sites, pour permettre à des fourgons de la gendarmerie de procéder à des extractions de détenus, sortant sous les huées des surveillants. "On n'est pas là pour se battre avec les forces de l'ordre. On est là pour défendre notre bifteck, notre profession", a lancé un surveillant. Les extractions, écrous et visites de professionnels sont donc en théorie bloqués, mais pas les parloirs.
Quelles suites pour le mouvement ?
Le mouvement touche 120 des 194 prisons françaises selon l'Ufap, premier syndicat de surveillants. A l'origine du mouvement de "ras-le-bol" des surveillants, l'Ufap-Unsa, FO-Pénitentiaire et la CGT-Pénitentiaire se sont réunies lundi après-midi à la prison de Fresnes et ont appelé à "poursuivre et amplifier l'action". Et si la ministre de la Justice ne fait aucune proposition, les syndicats avaient annoncé la semaine dernière que la protestation monterait d'un cran avec un blocage étendu aux intervenants extérieurs, visiteurs de prison et avocats notamment.
Rachida Dati avait tenté jeudi dernier de calmer le jeu en invitant les syndicats place Vendôme. Elle avait notamment proposé de revoir les obligations de ronde toutes les deux heures pour surveiller les détenus fragiles, dénoncées par le personnel, et d'arrêter les contrôles renforcés sur les congés maladies. Cela n'a eu aucun effet. La Chancellerie a cependant indiqué que sa "porte reste ouverte" pour une éventuelle réunion mardi matin avec les trois principaux syndicats.
D'après agence








