© AFPAcquitté, Jacques Viguier craignait un appel. C'est chose faite. Lundi, le procureur général près la cour d'appel de Toulouse a fait appel du verdict rendu jeudi dernier par la cour d'assises de la Haute-Garonne. Ce jour-là, le professeur de droit de 51 ans avait été acquitté du meurtre de son épouse, Suzanne Viguier, aucune preuve de sa culpabilité n'ayant été apportée lors de son procès. Un meurtre que ce père de trois enfants a toujours nié. Quant au corps de Suzanne Viguier, il n'a jamais été retrouvé.
Jacques Viguier retourne aux assises
Le procès en appel du professeur de droit toulousain s'est ouvert lundi devant la cour d'assises du Tarn. Il avait été acquitté en première instance.
Publié le 27/02/2010
Interrogé par l'AFP peu après l'annonce de la décision du procureur général de faire appel, Jacques Viguier s'est contenté de déclarer : "Pas de commentaire... Rien ne m'a été notifié, je vais voir mon avocat cet après-midi". "J'espère que l'avocat général dans sa grande sagesse ne fera pas appel", avait-il déclaré vendredi. Avant d'ajouter : "S'il le fait, je suis prêt à affronter un nouveau procès".
"Une querelle qui a mal tourné"
L'avocat général Marc Gaubert avait requis mercredi une peine de 15 à 20 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Jacques Viguier, qui comparaissait libre, faisant état de "présomptions très graves, précises et concordantes qui, additionnées, font une certitude". "Il n'y a pas d'autre hypothèse que votre culpabilité", avait-il dit en égrenant "les explications nvraisemblables", "les mensonges" et "les plus de 40 taches de sang retrouvées en sept lieux différents" de son domicile.
Les avocats des soeurs de Suzanne Viguier, Mes Francis Spizner et Guy Debuisson, avaient retenu dans leurs plaidoiries mardi la thèse de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Ils avaient estimé que Suzanne Blanch, épouse Viguier, avait été victime d'"une querelle conjugale qui a mal tourné", d'"un homicide imprévu". Les avocats de la défense avaient, pour leur part, demandé l'acquittement. "Personne ne peut dire avec certitude que Jacques Viguier a tué sa femme et, dans ces conditions, vous devez l'acquitter", avait lancé aux jurés Me Henri Leclerc.
Suzanne Viguier, mère des trois enfants du couple, avait disparu le 27 février 2000 après avoir été raccompagnée à son domicile vers 4h30 par son amant, à la veille d'un rendez-vous avec un avocat pour entamer une procédure de divorce. Jacques Viguier n'avait signalé sa disparition que trois jours plus tard, expliquant que le couple faisait chambre à part. En mai 2000, il avait été mis en examen et écroué avant d'être remis en liberté 9 mois plus tard.
(D'après agence)
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