
L'audience d'appel dans l'affaire de la publication controversée d'une photo d'Ilan Halimi ce mois-ci à la Une du mensuel Choc aura lieu lundi après-midi devant la cour d'appel de Paris, a indiqué vendredi la cour. Les avocats de Choc ont fait appel vendredi de l'interdiction du mensuel prononcée mercredi soir par le juge des référés du tribunal de grande instance (TGI) de Paris.
Mercredi soir ce juge avait estimé que le cliché, montrant le jeune juif avec un pistolet sur la tempe, le visage masqué par un scotch gris, les poignets entravés, était "de nature à heurter" et que sa publication "ne s'imposait pas". Il avait fixé une astreinte de 200 euros due par l'éditeur pour tout exemplaire du mensuel, en kiosque depuis le 15 mai, encore en vente ce vendredi à 14h.
Une "atteinte colossale aux règles de droit"
"La SCPE (société éditrice, ndlr) ne peut que regretter de ne pas avoir été autorisée à plaider ce vendredi avant que la mesure de retrait ne devienne effective", a aussitôt réagi la société, dénonçant une "privation" de ses droits. "C'est le principe même du double degré de juridiction qui est en question. Dans de tels dossiers, il a toujours été d'usage, et depuis des décennies, de permettre l'examen en appel de mesures d'interdiction avant qu'elles n'aient lieu", a ajouté la SCPE. L'un des conseils du magazine a pour sa part fustigé une "atteinte colossale aux règles de droit". Peu avant l'annonce de cette audience lundi, les avocats de Choc s'étaient déjà inquiétés du temps pris par la cour d'appel pour fixer la date d'une nouvelle audience. Si un nouveau procès devait être avoir lieu seulement la semaine prochaine, l'appel serait "de fait vidé de son objet", sans "aucune utilité", avait estimé l'un des avocats. "Naturellement on ira en cassation, devant la Cour européenne des droits de l'Homme", avait-il ajouté en rappelant que les sanctions financières s'appliquaient dès vendredi, malgré l'appel.
Mercredi soir le juge de première instance avait également imposé à Choc le versement d'une provision de 40.000 euros à la famille Halimi. Le sujet est d'autant plus sensible que les ravisseurs et tortionnaires présumés d'Ilan Halimi, mort en 2006 après trois semaines de séquestration en région parisienne, sont actuellement jugés à huis clos devant les assises des mineurs.
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